La CFDT réaffirme sa volonté d'aboutir à un accord sur la réforme du marché du travail, quitte à ce que seulement trois organisations syndicales signent à l'issue des négociations qui entrent dans le vif du sujet jeudi 4 octobre. Cécile Maillard
"Cette négociation sera-t-elle un échec historique ?" s'interrogeait mardi matin François Chérèque, en référence au "compromis historique" attendu par le président de la République sur la réforme du marché du travail. Pour le secrétaire national de la CFDT, gonflé à bloc depuis qu'il a annoncé son départ imminent de la tête de son organisation, "si la négociation ne va pas jusqu'au bout, ce sera aussi un échec pour les partenaires sociaux", et "les pouvoirs politiques se poseront des questions, les salariés aussi".
Alors que les partenaires sociaux entrent dans le vif du sujet jeudi 4 octobre, la CFDT espère aboutir et le dit. Elle vise un contenu ambitieux, même si l'accord n'est signé que par trois organisations syndicales sur les cinq représentatives. Pour détailler les positions de la CFDT sur les multiples sujets de la négociation à venir, François Chérèque s'est entouré de son successeur désigné, Laurent Berger, et de plusieurs secrétaires nationaux impliqués dans une des négociations en cours (emploi, contrat de génération, qualité de vie au travail).
Priorité des priorités, pour la CFDT : lutter contre les emplois précaires, des CDD de moins d'un mois pour la plupart, notamment en modulant le taux de cotisation des employeurs à l'assurance chômage en fonction de la durée des contrats de travail, une proposition ancienne de la CFDT. François Chérèque espère acter le principe d'une réforme, que devront ensuite mettre en œuvre les mêmes partenaires sociaux dans le cadre des négociations sur l'assurance chômage. La patronne du Medef Laurence Parisot a déjà dit qu'elle n'était pas d'accord pour aborder ce sujet dans le cadre de ces négociations.
Une forte implication dans la vie économique des entreprises
Deuxième axe pour la centrale de Belleville : anticiper les mutations économiques pour mieux sauvegarder l'emploi. La CFDT, constatant que de nombreux accords de compétitivité sont signés sur le terrain, y compris par la CGT comme chez Brittany Ferries, souhaite donner un cadre national à ces négociations, qui s'apparentent parfois à des "chantages à l'emploi".
Les efforts consentis par les salariés devront l'être pour une durée déterminée, et avec des contreparties de la part des employeurs. Les cédétistes réclament une plus forte implication des représentants des salariés dans la vie économique des entreprises et réclament une intervention de l'administration pour qualifier les licenciements d'économiques, une manière de sécuriser les procédures pour les salariés comme pour les employeurs.
Reste un sujet : l'obligation, pour un industriel fermant un site viable, de le revendre. François Chérèque a menacé, dimanche, de quitter la table des négociations si une proposition de loi était déposée avant toute discussion des partenaires sociaux sur le sujet. Il a été entendu, et la proposition de loi reportée. Mais sur le fond, le secrétaire national de la CFDT rappelle qu' "il ne peut pas y avoir de loi, constitutionnelle, qui oblige quelqu'un à vendre ce qu'il ne veut pas vendre".
François Chérèque, très bavard sur tous ces sujets qui lui tiennent à cœur, a eu du mal à passer la parole et le relais à Laurent Berger. Mais les télévisions, elles, étaient venues pour le nouveau patron, et en fin de conférence de presse, c'est vers lui que les caméras se sont tournées. Il coordonnera l'ensemble de ces négociations, et participera à celles sur le contrat de génération.









