SebFAVORISER LES ECHANGES ENTRE SES CHERCHEURSLe groupe d'électroménager accélère ses processus de développement.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2781Seb
FAVORISER LES ECHANGES ENTRE SES CHERCHEURS
Le groupe d'électroménager accélère ses processus de développement.
Voilà tout juste un an, les chercheurs du groupe Seb ont commencé à se parler. Auparavant, chaque marque - Calor, Tefal, Rowenta ou Arno - menait ses propres travaux en toute autonomie... Un problème, pour Seb, qui n'investit pas plus de 2 % de son chiffre d'affaires dans la recherche-développement et qui doit accélérer ses cycles de développement. Du coup, l'industriel a décidé de créer, en septembre 1999, un département transversal dédié à l'innovation : la direction scientifique, installée à Ecully (Rhône). Elle donne les orientations stratégiques aux 380 chercheurs répartis dans les 16 centres de production du groupe. Les dix-huit personnes qui la composent s'occupent de la propriété industrielle, tout en sensibilisant les chercheurs au fait qu'une simple astuce peut se breveter. De plus, Serge Miard et Gérard Durand sont respectivement chargés de la veille technologique et de la gestion des connaissances techniques. A eux de faire collaborer les chercheurs, voire d'harmoniser leurs méthodes de travail.
Promouvoir les outils auprès des chercheurs
Pour y parvenir, la direction scientifique a retenu deux logiciels d'aide à l'innovation édités par Invention Machine. Charge à Serge Miard et à Gérard Durand de les promouvoir au sein des centres de recherche-développement. Pour assurer le succès de TechOptimizer, un logiciel favorisant le travail d'équipes pluridisciplinaires, Gérard Durand a d'abord présenté le projet aux chercheurs, sur les différents sites, ordinateur portable sous le bras. " Beaucoup avaient entendu parler de la méthode Triz du logiciel et se sont portés volontaires pour suivre les formations. " La moitié des centres a accepté d'investir dans une licence à 35 000 francs et dans les cinq jours de stage pour le maniement de l'outil. Mais, surtout, ils ont laissé leurs équipes explorer par elles-mêmes les pistes proposées par le logiciel, sur des sujets concrets. Quant à Serge Miard, il présentait Knowledgist, sorte de super-lecteur qui structure l'information sous forme de couples " problème-solution " via une analyse sémantique. Il s'agissait de convaincre par l'exemple. Ainsi, à la demande, il a interrogé les cinq grandes bases de brevets existant sur Internet sur les moyens d'atténuer la douleur de l'épilation. En une journée, le logiciel a recensé cinquante solutions. Un gain de temps pour les chercheurs, qui ont ainsi approfondi la piste des ultrasons, jusqu'ici considérée comme un peu excentrique. Aujourd'hui, seuls deux centres de recherche-développement se sont équipés pour décortiquer brevets, comptes rendus de séminaires et tous autres documents écrits en anglais. Car si Knowledgist s'avère être un bon moyen pour faire profiter Seb des découvertes effectuées chez d'autres industriels, il est limité pour diffuser dans le groupe les connaissances internes, trop rarement retranscrites en anglais. Il faudra donc du temps pour doper la production de brevets propriétaires au-delà de soixante-dix par an.
L'objectif
Stimuler la créativité des bureaux d'études, répartis dans 16 usines, sans augmenter les budgets de recherche.
Les moyens
La création d'une direction scientifique de 20 personnes, l'acquisition de logiciels d'aide à l'innovation.
Résultats
L'accès à des brevets multisectoriels, un gain de temps pour les chercheurs.

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