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SÉBASTIEN HEYMANN - LE CARTOGRAPHE DES DONNÉES

Par PATRICE DESMEDT - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3266
 

Sa géographie, c'est celle du web. C'est pour que chacun s'y repère plus facilement que Sébastien Heymann a développé, avec des comparses, le logiciel open source de visualisation et d'exploration des données, Gephi. Dans le cercle des spécialistes de l'internet, sa notoriété a dépassé les frontières. « Gephi me sert de porte d'entrée » reconnaît-il. Il a passé le mois de novembre à l'université Stanford (Californie) pour travailler en collaboration avec des chercheurs en sciences humaines. Cette renommée, il ne l'a pas recherché. Elle lui ait tombé dessus. À l'issue de son DUT d'informatique, il se voyait en créateur d'entreprise. Le projet échouera au dernier moment, à temps pour entrer à l'Université technologique de Compiègne. Il y rencontre Franck Ghitalla, un enseignant assurant un cours sur le web et les réseaux.

C'est de cette rencontre qu'est née sa passion pour les outils de visualisation et d'analyse de données. « Il m'a transmis sa passion pour le web, explique Sébastien Heymann. C'est le premier artefact de l'humanité que l'on ne maîtrise pas. Internet n'a pas d'organisation centralisée et il est impossible de dire ce que sera le web dans cinq ans ». L'élève n'aura alors de cesse de mieux comprendre la manière dont sont organisés les réseaux, physiques ou sociaux. À la Maison des sciences de l'homme, il travaille à la construction d'outils pour étudier les traces laissées par les internautes sur le web à partir d'un prototype développé par un autre étudiant de l'UTC, Mathieu Jacomy. À l'issue du stage, la Maison des sciences de l'homme leur laisse le logiciel pour en faire un projet open source. « Ce fut un piège, on était pris dedans », admet-il. Il devient l'animateur de communauté du projet et donne naissance au réseau Linkfluence, à l'association WebAtlas, puis à Gephi. « La clé de voûte, c'est le site en anglais et des publications régulières. » Après avoir passé un an au laboratoire Inist du CNRS avec ses deux compères, Sébastien Heymann travaille à sa thèse de doctorat. Demain, il veut suivre la voie de la recherche et s'appuyer sur le consortium Gephi, qui accueillera entreprises, laboratoires et associations. « Mon objectif est de gagner en indépendance et proposer des services et du consulting. » L'entrepreneur s'est réveillé...

SON DÉCLIC

« Ma rencontre avec Franck Ghitalla, un enseignant-chercheur de l'UTC. Il m'a transmis sa passion pour l'analyse de cartographies de réseaux et d'organisation. »

Les autres nommés

THUY LINH PHAM, (Insa Lyon) pour le développement d'un système de contrôle du comportement des polymères JEAN-PAUL NÈGRE, (ENCPB) du CEA pour la mise au point d'un dosimètre passif

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