SeaFrance : Eurotunnel entre dans le jeu, avant une nouvelle audience
Par Barbara Leblanc - Publié le
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SeaFrance : des salariés se tournent vers Louis Dreyfus Armateur La SNCF s’engage à reclasser les salariés de SeaFrance L'audience critique pour SeaFrance repoussée au 9 janvier[ACTUALISE] - Les salariés de la compagnie de ferries ont fait la route vers Paris. Ils sont dans l'attente de la décision du tribunal, actuellement en délibéré jusqu'à 12h30 maximum. Il doit se prononcer sur le projet de Scop porté par la CFDT. Une initiative qui reçoit un nouveau soutien de poids, notamment sur la question de la reprise des bateaux.
Une décision est attendue dans la matinée à Paris. Le tribunal de commerce pourrait décider de la disparition de SeaFrance ou au contraire de son sauvetage par les salariés de la CFDT, via le seul projet de reprise déposé, celui d’une société coopérative ouvrière de production (Scop). La justice pourrait aussi encore mettre sa décision en délibéré, suite à un premier report d’audience la semaine dernière.
Le tribunal devra d’ailleurs prendre en compte l’arrivée d’un nouveau soutien au projet de Scop. En effet, le patron d’Eurotunnel annonce dans un entretien à Libération ce 9 janvier que son groupe est prêt à reprendre les bateaux de la compagnie. Eurotunnel est "candidat pour être majoritaire, quelque part entre 51% et 100%, dans une structure de portage qui reprendrait les navires de SeaFrance pour, ensuite, les mettre à la disposition de la Scop (société coopérative ouvrière de production), qui serait l'opérateur de la compagnie", déclare Jacques Gounon.
Interrogé sur cette déclaration sur LCI, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, estime que "cette piste pourrait être intéressante, mais qu'il ne faut pas spéculer à ce stade". Pour son homologue des Transports, Thierry Mariani, cette annonce est une "bonne nouvelle". "Cela prouve que la ligne a un avenir entre Calais et Douvres. Il y aura quoi qu'il arrive quelqu'un pour exploiter cette ligne", assure-t-il sur France Info.
Face à cette proposition, l'avocat des salariés et la CFDT demandent un nouveau report d'audience, avec nomination par le tribunal d'un mandataire pour huit jours pour reprendre les discussions sur ce nouveau projet.
Différents scénarii
Cette annonce pourrait en effet changer la donne. Mais une chose est certaine. Le dossier SeaFrance, en liquidation depuis fin novembre, est devenu un sujet éminemment politique. En effet, une réunion ministérielle a été dirigée dimanche 8 janvier par le président de la République en personne. L’objectif était alors d’évoquer les différents scénarii destinés à éviter le chômage des salariés.
La ministre de l'Ecologie et des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet estime que la reprise du dialogue avec un entrepreneur privé ou le reclassement d'une partie des salariés dans la société publique de transport ferroviaire SNCF ont été étudiés. Notamment, selon des sources proches du dossier, Louis Dreyfus Armateurs, dépositaire d’un premier dossier il y a quelques mois, retoqué le 16 novembre serait toujours intéressé par l'activité transmanche.
Défiance
Mais le président de la République était déjà intervenu en cours de semaine pour défendre la Scop. Il avait alors demandé à la SNCF, propriétaire de la société d’apporter son aide au projet, via le versement d’indemnités de licenciement exceptionnelles aux salariés pour leur permettre de les réinjecter dans le projet.
Selon Arnaud Montebourg, député socialiste de Saône et Loire, "la SNCF avait les moyens de sauver SeaFrance. Mais elle a voulu se désengager et, comme actionnaire public, sa responsabilité devra être étudiée car elle n'a pas fait le travail qu'elle devait faire. La responsabilité de la SNCF est engagée". Sur RTL le 9 janvier, le secrétaire général de la CFDT, François Cherèque, affirme que "le syndicat de SeaFrance n'a pas un comportement très honorable et que le syndicat national pourrait exclure certains membres dans les jours à venir".
Reste que de toute manière le dispositif propopsé par le gouvernement avec appui de la SNCF n’a pas satisfait tous les salariés. Sur les 800 que compte le groupe, moins de 250 seraient prêts à participer au projet. Certaines sources proches du dossier évoquent même une vraie défiance envers la CFDT porteuse du dossier.

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