SDMS, chaudronnier de l'extrême
Par Carole Lembezat - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3128Au fil des années, l'entreprise de chaudronnerie a su mettre son savoir-faire au service de la recherche. Elle est présente aujourd'hui sur des programmes de grande envergure, tels le laser mégajoule et le LHC à Genève.
Difficile, quand on parle de chaudronnerie, d'imaginer spontanément des avancées technologiques ou scientifiques. Pourtant, cette industrie de formage et d'assemblage des métaux intervient dans des réalisations pour des secteurs de pointe. C'est le cas de la société SDMS. Capitalisant sur un savoir-faire de près de quarante-trois ans, notamment dans la production en salles blanches, dans le soudage par faisceau d'électrons et dans le travail de métaux nobles (niobium, titane, zirconium...), cette PME iséroise est l'un des partenaires préférés des acteurs de la recherche scientifique. Réalisant 40 % de son chiffre d'affaires dans ce domaine, elle est présente sur des projets d'envergure en physique fondamentale, comme la réalisation d'un réacteur expérimental de fusion nucléaire pour le projet Iter ou la fabrication d'équipements spécifiques pour le « Large Hadron Collider » (LHC) du Cern à Genève.
L'OUVRAGE RÉSISTE À DE TRÈS BASSES TEMPÉRATURES
SDMS a notamment développé un véritable savoir-faire dans le domaine des chambres à vide, puis ultravides, qui lui permettent de décrocher des contrats dans le secteur du spatial. Mais aussi dans l'armement et en particulier pour le projet Laser mégajoule (LMJ), un élément du programme Simulation du commissariat à l'énergie atomique (CEA), destiné à assurer la pérennité de la dissuasion nucléaire après l'arrêt définitif des essais « grandeur nature ». Sur ce projet, le chaudronnier intervient à plusieurs niveaux. Il travaille en direct avec le CEA pour fabriquer la machine qui chargera en deutérium et en tritium (des isotopes de l'hydrogène) de petites cibles de 2,5 millimètres de diamètre. La contrainte principale de cet ouvrage est qu'il doit être aussi précis à température ambiante qu'à très basse température (- 254° C).
La PME intervient également sur ce projet en tant que sous-traitants de deux ensembliers : Sagem et Cegelec. Pour le premier, l'entreprise réalise les sections dans lesquelles sont amplifiés les faisceaux lasers. Pour le second, elle a fabriqué sur son site isérois, une sphère de dix mètres de diamètre, transportée en morceaux, puis assemblée à Bordeaux (le lieu d'implantation du LMJ) par Cegelec, suivant un mode opératoire établi par SDMS.
Mais la PME ne se contente pas de trouver des solutions pour ses donneurs d'ordres. En 2007, elle crée une direction du développement. Cette année, 3 % de son chiffre d'affaires ont été dédiés à la R et D. L'objectif ? Se développer sur des marchés innovants telles les cavités accélératrices supraconductrices pour de grands accélérateurs de particules du futur.
Autre secteur d'avenir : les dispositifs d'irradiation instrumentés pour les réacteurs de recherche nucléaire. « Nous en sommes encore au stade de prototype, expose Louis Landrot, le président de SDMS depuis 2006. Mais d'ici à trois ans, le marché va se développer. Nous serons l'un des seuls fournisseurs français à réaliser ce type d'équipements très complexes. » .











