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Schaeffler a fait plier Continental

Par Anne Léveillé - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3112

Avec sa prise de participation dans le géant allemand, l'industriel bavarois se positionne comme l'un des acteurs majeurs de l'automobile.

Ca y est. Après cinq semaines de marchandage, le coup de force a payé. Partie d'une proposition initiale à 69,37 euros, l'offre du fabricant allemand de roulements à billes Schaeffler (LUK, INA, FAG) sur son compatriote Continental s'est conclue, lundi 18 août, à 75 euros par action, soit une valorisation de 12,1 milliards d'euros.

Grand feuilleton financier de l'été, les prises de bec entre le « petit » Schaeffler (8,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires) et le géant Continental (estimé à 26,4 milliards d'euros depuis le rachat de Siemens VDO, l'an dernier) ont eu pour principal effet de protéger les actionnaires de ce dernier en faisant monter les enchères.

49,99 % du capital sous l'emprise de Schaeffler

Industriel bavarois discret et non coté en bourse, Schaeffler avait peu à peu grossi ces dernières années à force de rachats. Avec cette prise de participation dans Continental, il se positionne désormais comme l'un des géants de l'industrie automobile, à hauteur d'un Bosch ou d'un Denso. Vu d'un bon oeil par le gouvernement allemand, le rachat de Goliath par David limite le risque pour les deux sociétés de se faire racheter par un concurrent étranger.

Pour Schaeffler, « cette alliance permet de s'imposer et de se développer, dans un secteur en proie à la globalisation. C'est aussi le moyen de continuer à opérer depuis l'Allemagne et donc de préserver l'emploi sur le territoire national ». Schaeffler s'est ainsi engagé à ne procéder à aucun licenciement sans l'accord de Continental. Et Jürgen Geissinger, le président de Schaeffler, d'assurer : « Il ne s'agit pas de remettre en cause les stratégies industrielles de Continental, y compris dans le domaine des pneus. Mais de profiter des synergies qui vont naître de cette alliance. »

Continental est moins loquace, mais sait que ce rapprochement peut être positif industriellement. Et s'ils jugeaient l'offre financière de Schaeffler insuffisante, le comité exécutif et le comité de surveillance annonçaient, dès la fin juillet, qu'ils considéraient cet accord comme souhaitable. Ils allaient jusqu'à ajouter que cette coopération ouvrait des perspectives stratégiques, en particulier dans les transmissions automobiles. L'objectif commun étant d'accroître sur le long terme la valeur et le poids des deux sociétés sur le marché automobile, tout le monde semble satisfait. Sauf Manfred Wennemer, le président de Continental, qui, après s'être opposé avec virulence au rachat, a dû présenter jeudi dernier sa démission et est d'ores et déjà remplacé par Karl-Thomas Neumann, l'ex-directeur technique de Continental. .

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