Après avoir frôlé le "credit crunch" (l’assèchement du crédit) en 2009, nombre d’entreprises industrielles se demandent si ce n’est pas un véritable cash crunch qui les guette aujourd’hui. Lorsque l’on quitte les rives dorées des grandes entreprises du CAC40, la situation n’a en effet rien de très réjouissant. Des réserves pas encore reconstituées depuis la grande récession, des marges d’exploitation toujours plus faibles, une prudence des banques sous la pression de leur nouvelle réglementation, une croissance qui cale et un projet de budget qui prévoit une ponction fiscale supplémentaire de 10 milliards d’euros sur les entreprises. Faut-il désespérer ? Pas si vite.
Du côté des politiques, on a pris conscience qu’il fallait absolument préserver les PME. Non pas pour leurs beaux yeux, mais parce qu’elles sont le vivier de l’innovation et de l’emploi. Comme le soulignait la Commission européenne dans une enquête publiée en janvier, les petites et moyennes entreprises ont assuré 85% des emplois créés au sein de l’Union, entre 2002 et 2010.
Le projet de budget présenté la semaine dernière a donc eu à coeur de préserver leurs sources de financement. Les exonérations de l’ISF PME serontmaintenues, les dispositifs Madelin, qui permettent des déductionsmoindresmais sur l’impôt sur le revenu, également. Ce qui poussera les ménages aisés à ne pas déserter l’investissement dans les PME.
Pour les moins introduits, un nouveau PEA spécial PME devrait voir le jour. La Banque publique d’investissement, qui devait être dotée de 20 milliards, pourrait finalement hériter de 30 milliards. Fin septembre, François Hollande a promis que des avantages liés au statut de jeune entreprise innovante (du type exonération de charges), qui avaient été réduits en 2011, seront rétablis. Enfin les entreprises de moins de 250 salariés devraient bénéficier d’un nouveau compartiment du crédit impôt recherche leur permettant de déduire 20% de leur frais d’innovation: le petit coup de pouce pour aider à financer le prototype ou le démonstrateur qui accélère la mise sur le marché. Le gouvernement n’est pas le seul à se mobiliser sur le financement des entreprises. De nombreux grands groupes, d’EDF à Orange, et même des plus petits comme SEB, ont monté des fonds d’investissement sectoriels pour aider les PME innovantes à grandir. Elle est pas belle la vie ?









