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Satimo cherche à mieux détecter les bombes humaines

Par Christophe Dutheil - Publié le
Zone de sécurité aéroports
© Jacinta Quesada - C.C

La filiale de Microwave Vision coordonne un nouveau projet de recherche visant à créer un système de détection des explosifs susceptibles d'être implantés directement dans le corps humain. Il sera basé sur des technologies radiofréquences, déjà maîtrisées dans les secteurs médicaux ou industriels.

La "bombe humaine", les professionnels de la sécurité dans les aéroports s'y préparent... Ils redoutent que des implants, par exemple des prothèses mammaires en silicone, ne soient un jour remplacés par des explosifs. Mais de nouvelles technologies sont à l'étude afin de parer à cette éventualité. Satimo, filiale du groupe Microwave Vision spécialisée dans les scanners à balayage électronique multi-capteurs, vient ainsi de s'associer à plusieurs centres de recherche pour mettre au point un dispositif basé sur des technologies de radiofréquence capable de détecter "des explosifs implantés directement dans le corps humain sans dévoiler l’anatomie intime des passagers."

Coordonnée par Satimo depuis le printemps 2011, ce projet d'une durée de trois ans est co-financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR) et deux pôles de compétitivité (System@tic et Aerospace Valley). Doté d'un budget de 2,03 millions d’euros, il fait intervenir des experts du commissariat à l'énergie atomique (CEA), du centre français de la recherche aérospatiale (Onera), du service technique de l'aviation civile (Stac) et de deux laboratoires universitaires : le LAMIH de l'université de Valenciennes et du Hainaut-Cambresis et le GRSG de l'université de Toulouse 1 Capitole.

Détection des corps étrangers en temps réel

Selon Philippe Garreau, PDG de Microwave Vision (43,9 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier, avec 240 collaborateurs), le nouveau dispositif s'appuiera sur des systèmes de détection radiofréquences "déjà bien maîtrisés par l'entreprise" sur ses grands marchés de prédilection : les radiocommunications, l'automobile, la défense et l'aérospatiale. L'innovation portera en revanche sur le développement "de briques logicielles permettant de visualiser les données en temps réel".

Actuellement, les aéroports utilisent deux grands types de détecteurs : des portiques détecteurs de métaux "classiques" et des scanners corporels à ondes millimétriques de l'américain L3, qui s'apparentent à des scanners de vision en surface des tissus humains à partir de "rayons X peu pénétrants".

Pour détecter d'éventuels implants posant un risque de sécurité, les technologies radiofréquences devraient, quant à elles, "descendre un peu plus bas en fréquence" et éviter de "dévoiler l’anatomie intime des passagers", selon Philippe Garreau. Il précise que "le corps humain est composé de tissus et d'eau", matériaux qui ont des "propriétés électromagnétiques". S'il y a un explosif ou une prothèse métallique, le scanner, qui émet de petites ondes, sera en mesure de détecter que cet élément n'a pas la même "permittivité" : il ne répond pas de la même façon au champ appliqué.

Ce n'est pas futuriste : les nouveaux détecteurs par radiofréquences  "s'inscrivent dans la continuité de systèmes déjà utilisés dans l'industrie ou pour identifier certaines pathologies mammaires", insiste Philippe Garreau. Tout l'enjeu réside aujourd'hui dans la convergence de ces technologies, mais aussi dans la capacité des chercheurs à produire un système "peu coûteux", utilisable très rapidement – en moins de 20 secondes - par les spécialistes de la sécurité aéroportuaire.

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