Sarkozy et Merkel refont l'Europe
Le 04 février 2010 par Fabrice Frossard
Déjà avant la crise, le monde avait changé de polarité. L’axe sino-américain a déporté le centre de gravité de la géopolitique mondiale, et l’est de l’Europe brisé la colonne dorsale franco-allemande. Avec l’arrivée de Barack Obama, le désamour d’outre-Atlantique pour l’Europe s’est renforcé. Le président Américain évitant soigneusement de visiter l’Union, préférant s’entretenir avec la Chine, principal bailleur de fonds indirect des USA.
Une ignorance envers le Vieux Continent tellement flagrante que les diplomates américains doivent justifier ces errements : « le manque de lisibilité du Traité de Lisbonne dans son application, son usine à gaz institutionnelle et ses multiples interlocuteurs empêchent un vrai dialogue, justifient-ils. « L’Europe de Lisbonne ne se fait pas en un mois et cinq jours », rétorque aujourd’hui Nicolas Sarkozy affirmant qu’il préfère s’attacher au fond plutôt qu’à la forme.
Plus directe, Angela Merkel souhaite savoir pourquoi le président américain refuse de venir en mai prochain en Europe, et poser la question lors du Conseil européen informel du 11 février
Peu importe, dans le concert des nations et de la puissance des nations, la feuille de route franco-allemande doit redonner du baume au cœur aux europhiles. La résilience de la France et de l’Allemagne dans la tourmente remet l’axe comme mât principal dans le navire de l’Union. Rechercher des terrains d’entente sur des sujets fondamentaux comme la recherche, l’espace, les pôles de compétitivité etc. fait plus sûrement pour la reconquête d’une compétitivité européenne, qu’une obscure diplomatie polyphonique.
La stratégie de puissance française ne peut s’exprimer que dans un bloc européen. Lequel ne peut se faire sans l'univocité motrice du tandem fondateur, quitte à reléguer les objets de discorde sous le tapis pour être balayé plus tard.

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