Sans PPR, Rexel devrait maintenir son cap
Par ARNAUD BOULBEN - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2943Le groupe de distribution de matériel électrique sera cédé par PPR à un consortium d'investisseurs financiers. Mais sa stratégie ne devrait pas changer.
L'affaire est presque conclue. Rexel sera bientôt vendu pour une valeur d'entreprise de 3,7 milliards d'euros par sa maison mère, Pinault-Printemps-Redoute (PPR), à un consortium de sociétés d'investissements composé des américains Clayton-Dubilier-Rice, Merrill Lynch Global Private Equity et du français Eurazeo. Ainsi, suite à l'annonce, la semaine dernière, de son entrée en négociation exclu- sive avec ce consortium, PPR ne devrait pas tarder à céder les 73,45 % des parts qu'il possède dans le premier distributeur de matériel électrique mondial.
Rexel avec 6,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, détient 7 % de ce marché très éclaté. Après avoir cherché depuis deux ans à achever son désengagement de la distribution professionnelle - et outre un prix d'achat convaincant qui valorise la société à 16 fois ses bénéfices attendus en 2005 - le groupe de François Pinault semble avoir opté pour la plus industrielle des solutions financières qui s'offraient à lui.
Si cette reprise par effet de levier se concrétise, les sociétés d'investissement concernées assurent comme un seul homme que Rexel, dont le siège est à Paris, poursuivra son développement par croissance externe. « Le marché mondial de la distribution électrique reste encore fragmenté. Il y a de la place pour faire quelques petites acquisitions ciblées », explique un porte-parole de Clayton-Dubilier-Rice.
Poursuite des réformes internes
Cette société d'investissements, qui avait déjà acquis l'américain Wesco en 1994 avant de le ven- dre quatre ans plus tard, souligne avoir eu des vues fin 2003, sans succès cette fois, sur le distributeur de matériel électrique néerlandais concurrent de Rexel, Hagemeyer. Un discours auquel devrait être sensible Rexel, car le groupe a récemment repris goût aux acquisitions après une période d'inacti-vité dans ce domaine. Stratégie affichée : se concentrer sur des cibles petites ou moyennes sur des marchés en forte croissance. Ainsi, le mois dernier, Rexel a acquis pour 22 millions d'euros, son confrère américain Braid Electric Company qui oeuvre dans le petit tertiaire et le résidentiel dans le sud des Etats-Unis. Au même moment, le groupe français qui est à quasi-parité avec Sonepar (1,9 milliard d'euros de chiffre d'affaires) sur son marché national, a annoncé la création d'une co-entreprise en Chine avec une filiale du distributeur chinois Brillance.
Autre point sur lequel le consortium et le management de Rexel semblent s'être entendus, la poursuite des réformes internes menées depuis 2002. Amorcé il y a un peu plus de deux ans, période qui correspond à l'arrivée à la tête de la société de Jean-Charles Pauze, 55 ans, venu de Guilbert, le plan de relance porte désormais ses fruits. Réorganisation des forces commerciales et de la logistique par grands centres régionaux en France, réduction du nombre de progiciels, mais aussi suppression de 10 % des 24 000 postes : après avoir enregistré 4,1 % de marge d'exploitation au premier semes- tre 2004, Rexel est bien parti pour atteindre son objectif de 5 %, score qu'il avait atteint au début des années 2000 dans un contexte florissant. Ce qui fait dire aujourd'hui à Roberto Quarta, partenaire en charge du dossier Rexel chez Clayton-Dubilier-Rice, que « l'équipe de direction est excellente », qu'il a hâte de travailler avec elle, et... « d'améliorer encore les performances de la compagnie ». Bref, on prend les mêmes, et on va encore plus loin.

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