Depuis la semaine dernière, des rumeurs circulent dans la presse concernant une boisson produite conjointement par Coca-Cola et Sanofi, via sa filiale Oenobiol. Dans une note interne, la direction du groupe confirme l’information, mais fait état de critiques qu’elle juge "déplacées".
Jambes fuselées, ventre plat, peau parfaite et teint hâlé, la "beauty drink" cosignée par Sanofi et Coca-Cola fait de belles promesses. Du moins à en croire les photos intégrées au document interne publié par le site d’information Rue 89, le 9 octobre dernier. Des promesses qui ne satisfont pas les salariés du groupe pharmaceutique qui prévoit 900 suppressions de postes à l'horizon 2015.
"Nous préférerions que Sanofi retire son plan de restructuration", ironisait un représentant syndical, contacté par L’Usine Nouvelle le 10 octobre. Alors sollicitée par notre rédaction, la direction du groupe n’était pas disponible pour répondre à nos questions.
Les jours suivants, les commentaires et les critiques liées à cette "boisson beauté" fusent dans les médias. De quoi irriter la direction du groupe pharmaceutique qui le fait savoir dans une note interne qu'a pu consulter L’Usine Nouvelle.
En préambule de ce document, la confirmation du lancement du pilote de cette nouvelle gamme de "boissons bien-être" sous la marque "Beautific Oenobiol". Puis d'expliquer que la firme considère "que les critiques adressées ces derniers jours dans la presse à l’égard de ce projet sont particulièrement déplacées".
"Déplacées parce qu’elles sous-entendent que le renforcement de nos activités Santé Grand Public serait préjudiciable à l’innovation scientifique, ce qui est un contresens", plaide Sanofi. C’est en effet ce que redoutent les salariés du groupe pharmaceutique.
"Ce projet est l’expression d’une stratégie qui consiste à s’intéresser de moins en moins au médicament", s’inquiétait le syndicaliste, la semaine dernière. "Oenobiol pourquoi pas ! Mais pas dans un contexte où les budgets de recherche diminuent, ni lorsqu’un plan de restructuration est en préparation".
Un plan qui ne méritait pourtant pas tant de battage médiatique, selon Christian Lajoux, président de Sanofi France. "Il n’y aura aucun licenciement. Le ministre (du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ndlr) voulait des réassurances. Sanofi fonctionne sur la base du volontariat", rassurait-il, interrogé par L’Usine Nouvelle.









