Le ministre du Redressement productif a émis de vives critiques à l'encontre de Doux et de Sanofi dans un entretien à l’AFP publié le 6 juillet.
Concernant le groupe Doux, il précise avoir défini deux critères pour la reprise du volailler placé en redressement judiciaire : la reprise par une seule entité "sans dépeçage" et le maintien d'"un maximum" de sites et d'emplois.
"Notre objectif, c'est premièrement qu'il y ait une seule entité qui reprenne, et pas un dépecage ou un démantèlement, a dit Arnaud Montebourg. Deuxièmement, c'est le maintien d'un maximum de sites et d'emplois. Le maximum, c'est le maximum, donc on cherchera la meilleure offre".
Cette annonce fait suite au dépôt de sept propositions de reprise du groupe jeudi aurpès de l’administrateur judicaire. Aucune d’elle ne semble satisfaire le ministre qui les a jugées insuffisantes.
Le groupe Doux a été déclaré en cessation de paiement début juin du fait notamment d’une dette estimée à 430 millions d’euros.
Entretien houleux
Le ministre est aussi revenu sur l’annonce du groupe Sanofi le 5 juillet. Le groupe pharmaceutique a décidé de réorganiser ses activités en France et deux sites, à Toulouse et Montpellier sont menacés. Le ministre a assuré que des destructions d’emplois seraient inacceptables au sein du groupe.
"Nous avons eu un entretien houleux avec la direction générale de Sanofi il y a quelques jours et je leur ai indiqué qu'il était inacceptable qu'il y ait la moindre destruction d'emplois, a déclaré le ministre. Nous avons suffisamment d'entreprises en grave difficulté ou en faillite qui détruisent de l'emploi pour ne pas tolérer que des entreprises qui font des milliards de profits détruisent de l'emploi".
Le ministre a précisé avoir expliqué à la direction du groupe en début de semaine qu'une "restructuration dans une société ultra profitable devait obtenir le consentement des organisations syndicales et donc ne devait pas se faire au détriment des hommes et des femmes qui y travaillent".
Le groupe pharmaceutique français, qui emploie environ 28 000 personnes en France, a annoncé jeudi une réorganisation dans la recherche, la production de vaccins et les fonctions support.
La direction a renvoyé à septembre des discussions précises concernant l'impact sur l'emploi de cette réorganisation mais les syndicats ont évoqué une fourchette de 1 200 à 2 500 postes menacés en France.
Pas de demande de prêt à PSA
A quelques jours de la présentation d'un plan de soutien au secteur automobile, le ministre du Redressement productif s'est dit préoccupé de la situation des sous-traitants automobiles en France.
"Nous avons aujourd'hui sur la carte de France de nombreuses difficultés dans la sous-traitance de rang deux qui nous préoccupe", a déclaré le ministre.
Concernant le plan à l'étude, le ministre a refusé d'en dire davantage arguant qu'il est trop tôt pour donner des informations. "Nous n'excluons rien, tout est à l'étude", a expliqué Arnaud Montebourg, alors que le ministre du Travail Michel Sapin a repoussé mercredi l'idée d'une nouvelle prime à la casse.
Concernant le cas précis de PSA Peugeot Citroën, le ministre a démenti l'hypothèse d'un prêt ou d'une entrée au capital de l'Etat. Il a assuré ne jamais avoir rencontré Philippe Bonnin, maire socialiste de Chartres de Bretagne (Ile-et-Vilaine) où se trouve un site PSA, et qui a avancé l'argument de l'aide.
Interrogé sur l'éventualité d'un prêt ou d'une entrée au capital de PSA par l'Etat, le ministre a insisté sur le fait que "nous n'en sommes pas là".
Le ministre s'est aussi exprimé sur le secteur des télécoms, affecté par l'arrivée notamment de Free Mobile en début d'année. "Moi je souhaite que ce secteur ne détruise pas d'emplois puisque c'est un secteur croissant et performant", a-t-il insisté, précisant qu'il débattrait avec les opérateurs de l'impact de l'arrivée du quatrième d'entre eux sur le marché, Free.











