Sanofi-Aventis et Merck unis sur un marché en pleine santé... animale
Le 09 mars 2010 par Yann Le Houelleur
Les deux groupes pharmaceutiques ont fusionné leurs filiales dans la santé animale, un secteur qui bénéficie d’une croissance annuelle de 5 %. Le nouveau né est déjà le leader mondial.
Le numéro un de la santé animale vient de voir le jour. Ce leader, encore sans nom, résulte de la fusion des activités, sur ce marché en plein boom, de Merial et d’Intervet/Shering Plough (ISP). Merial est une filiale de de Sanofi-Aventis et ISP une filiale de Merck. Au terme de longues tractations, ces deux industries pharmaceutiques ont ainsi opté pour la création d’une coentreprise dont le chiffre d’affaires combiné se hisse à 3,9 milliards d’euros. La nouvelle entreprise disposera d’une part de marché de 29 % alors que le numéro deux mondial de la santé animale, l’américain Fort Dodge, dans le giron de Pfizer, en détient 20 %.
L’offensive commune de Sanofi-Aventis et de Merck sur le marché de la santé animale s’explique par la forte croissance de celui-ci, estimée à 5 % par année. Une croissance bien plus vitaminée que celle du marché des produits pharmaceutiques, qui a progressé de 1,3 % en 2009 (par rapport à 2008). Cette année-là, la santé animale s’est même envolée, avec une augmentation des ventes de 7,2 %. Voilà pourquoi de grands groupes pharmaceutiques, tels Novartis et Bayer, lorgnaient les activités de Merial et ISP, l’herbe ayant été coupé sous leur pied par la récente fusion.
Le marché de la santé animale (anti-parasites, vaccins, anti-infectieux, etc.) est soutenu par une demande croissante de protéines animales ainsi que par des besoins importants de soin pour les animaux de compagnie. Or, précisément, le cœur de cible de Merial est les animaux de bétail et celui de son nouveau conjoint ISP les animaux de bétail, une excellente complémentarité.
Vice-président des opérations pharmaceutiques de Sanofis-Aventis, Hanspeter Spek avait déclaré à un mensuel, l’an dernier : « Le secteur de la santé animale présente l’avantage d’être beaucoup moins exposé au risque brevetaire que ne l’est le secteur pharmaceutique. Cette diversification de nos activités nous rend moins vulnérables aux expirations de brevets et réduit le profil risque de notre groupe.»
Yann Le Houelleur

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