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SANDOUVILLE SE SENT TRAHIE

Par PAR CAROLE LEMBEZAT - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3219
Le volume de fabrication de véhicules utilitaires ne garantit du travail qu'à 1 500 salariés sur 2 490 .
Le volume de fabrication de véhicules utilitaires ne garantit du travail qu'à 1 500 salariés sur 2 490 .
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Fonte de l'effectif, fin de la production de véhicules haut de gamme et incertitudes sur la production de véhicules utilitaires. Cette accumulation plonge les salariés de l'usine de Sandouville dans la tourmente.

Jean-Louis Sénécal, 53 ans, salarié de Renault Sandouville depuis 1976, est estomaqué ! Alors qu'il est mobilisé contre la réforme des retraites ce jeudi 21 octobre, il réalise, au cours d'une conversation qu'il croit anodine, que l'avenant à son contrat qu'on lui a récemment fait signer implique qu'il dépend désormais de Renault SAS et non plus simplement du site. « Cela veut dire qu'il peut être amené à travailler pour d'autres usines Renault, pendant des périodes plus ou moins longues », explique Yves-Marie Rodriguez, un élu CGT. Ils sont d'ailleurs 266 salariés de Sandouville actuellement en déplacement sur d'autres sites français. « Pour certains, cela va faire deux ans », assure Nicolas Guermonprez, le secrétaire général de la CGT.

L'impression générale est que Sandouville se vide lentement, mais sûrement. Il y a dix ans à peine, ils étaient 6 500 à y travailler. Ils ne sont plus que 2 490 ! Avec l'annonce récente de la direction, de départ en préretraites sous certaines conditions, c'est 20 % de l'effectif actuel qui devrait encore disparaître. Les salariés appréhendent à l'avance les 70 jours de chômage technique pour ceux qui travaillent sur l'Espace, 61 pour ceux qui fabriquent la Laguna. Soit au total près de trois mois d'arrêt de l'usine en 2011 et le passage de deux lignes de production à une seule.

Effets collatéraux

« C'est bien grâce à Renault qu'il a été possible d'investir tous azimuts », déclare un tract CFE-CGC, faisant référence aux autres marques de l'Alliance. D'où le sentiment partagé que les salariés des usines françaises ne récoltent pas les fruits de leurs efforts... Et Sandouville, qui avait été sous le feu des projecteurs en 2008, lors de la venue de Nicolas Sarkozy, se sent particulièrement trahie. On y produisait des véhicules haut de gamme. Il ne va plus rester que des utilitaires... Sans savoir combien. « On n'a toujours pas le nom du véhicule, on n'a pas les volumes de fabrication et on ne sait pas si on va produire des utilitaires pour Opel ou avec d'autres partenaires ! », s'énerve Nicolas Guermonprez. Le site est globalement assuré de produire les 62 000 véhicules utilitaires, qui correspondent aux ventes actuelles du Trafic. Un volume qui ne garantit cependant du travail qu'à 1 500 salariés... En cascade, ce sont les équipementiers et sous-traitants installés à proximité qui risquent d'en pâtir. Et aussi, indirectement, les chauffeurs des lignes de bus qui avaient spécialement été mises en place dans les années 1970. Pour le secrétaire général de la CGT : « C'est un combat régional ! »

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