Samsung, le P-DG aux 1000 comptes en banque démissionne22/04/2008
Inculpé de fraude fiscale, Lee Kun-Hee, le Président du directoire de Samsung démissionne. Le champion de l'économie nationale sud-coréen se restructure partiellement.
Samsung vacille. Ce matin, le président du directoire, a annoncé sa démission une semaine après son inculpation pour abus de confiance et évasion fiscale. Dans la foulée, quatre hauts responsables du groupe quitteront aussi le groupe, dont le fils de Lee Kun-Hee, Jae-Yong, en charge du développement international, et le Président du groupe, Kim In-Joo. Cette démission, M. Lee Kun-Hee l'a annoncée lors d'une conférence de presse depuis le siège de Samsung, retransmise sur la chaîne de télévision nationale. Lors de cette conférence, le président de Samsung a exprimé ses « plus profondes excuses pour les importants soucis causés à la population du fait de cette enquête spéciale. »Celle-ci a été lancée en janvier 2008 suite à des informations données par un ancien responsable juridique du conglomérat (chaebol). Après trois mois d'enquête menée par des procureurs indépendants, M. Lee a été inculpé d'évasion fiscale, abus de biens sociaux et de transfert illégal de pouvoir à son fils. Il est aussi soupçonné de corruption de dirigeants et de financements illicites de partis politiques à l'occasion des présidentielles de 2002. Sur ce dernier point, les accusations ont été abandonnées faute de preuves. Au cours de son mandat, M. Lee aurait fait transiter environ 4,5 trillions de wons (environ 3,17 milliards d'euros), répartis sur 1 119 comptes en banques, et détourné 112,8 milliards de wons (environ 80 millions d'euros). La commission d'enquête indépendante a cependant conclu que ces comptes étaient la propriété de M. Lee et l'a au final inculpé pour évasion et fraude fiscale. Samsung intimé à la transparence Dans la foulée de cette enquête, Samsung a entamé un processus de réformes. A commencer par le démantèlement de son bureau de stratégie et planification, une cellule soupçonnée d'élaborer les montages financiers pour le compte du groupe. De même, le chaebol sous la pression du gouvernement promet une plus grande transparence dans la présentation de ses opérations. En attendant un renouvellement des dirigeants, l'intérim à la tête du groupe est assuré par Lee Soo-Bin, le directeur de la branche assurance-vie de Samsung. Lee Soo-Bin a du pain sur la planche. Pendant les 99 jours de l'enquête, certaines activités de Samsung ont tourné au ralenti et, d'après le journal Coréen dongA, les plans d'investissements sur les mois à venir n'auraient pas encore été réalisés. D'où de nombreux appels de responsables politiques et groupes civiques à supporter Samsung dans ces aléas, pour soutenir l'économie nationale. Employant 254 000 personnes pour un chiffre d'affaires 2006 de 126,5 milliards d'euros, le chaebol représente 20 % des exportations du pays et 25 % des investissements nationaux. Pour la Corée du Sud, cet épisode est un rebondissement de plus dans des affaires impliquant les grands patrons. En février 2007, le patron de Hyundai avait été condamné à trois ans de prison pour détournement de fonds et abus de confiance. Une peine commuée en appel à un simple sursis assorti de travaux d'intérêt général. Lee Kun-Hee avait aussi été reconnu coupable de financements illicites lors de l'élection présidentielle de 1997. Pour être finalement blanchi dix ans plus tard. Il est peu probable que l'issue de son prochain procès lui soit aussi favorable...Il risque entre cinq ans de prison et la perpétuité. Fabrice Frossard |
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