SAGALUne marque indélébile sur le savonComposé de deux parties, l'une opaque, l'autre transparente, ce savon exhibe la marque du fabricant jusqu'à la fin de son utilisation.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2649

SAGAL

Une marque indélébile sur le savon

Composé de deux parties, l'une opaque, l'autre transparente, ce savon exhibe la marque du fabricant jusqu'à la fin de son utilisation.



Les marques de savon de luxe ont toujours eu un problème : les inscriptions gravées sur leur produit disparaissaient dès les premières utilisations ! Difficile, dès lors, de se différencier des marques de grande consommation, dont les prix sont dix fois moins élevés. Pour répondre à la demande de l'entreprise de prêt-à-porter Sonia Rykiel, qui voulait éviter ce genre de mésaventure, Alain de Mourgues, patron de l'agence de design ADM Plus, a imaginé un savon... biphasé. Il a fait graver la signature de Sonia Rykiel sur un demi-savon opaque au-dessus duquel il a collé un demi-savon transparent. Résultat : placée au coeur du savon, la signature reste intacte jusqu'à la fin d'utilisation du produit. ADM Plus s'est ensuite allié à LTR, fabricant d'outillage et de moules de soufflage pour la cosmétique, et à Sagal, industriel spécialiste des produits de toilette de luxe. Tout a commencé l'automne dernier dans le bureau d'études de LTR (80 millions de chiffre d'affaires, 70 salariés) à Neuilly- sur-Marne (Seine-Saint-Denis). L'objectif : fabriquer un moule qui reproduise parfaitement la signature. " Nous avons d'abord utilisé la CAO pour concevoir la forme générale du savon en 3D ", raconte Patrick Etave, ingénieur technico-commercial de LTR. Ensuite, il a fallu résoudre le problème de la signature. " Celle-ci est déliée avec des lettres compliquées comme le "y" et le "k". Nous avons utilisé un logiciel de gravure pour scanner la signature, que nous avons ensuite projetée en CAO. " Finalement, LTR a créé un moule avec un léger galbe pour obtenir un effet loupe sur la marque. " Du coup, on peut la voir sur 360 degrés sans déformation ", se réjouit Patrick Etave. Restait à inventer un nouveau process industriel. " On sait faire un savon classique et un savon transparent, mais on n'avait jamais pris le risque d'associer les deux, car les matières premières et les procédés de mise en forme sont complètement différents ", souligne Jean Arondel, directeur industriel de Sagal, basée à Gallardon (Eure-et-Loir). Cette filiale de Guerlain, de Dior et de Chanel (31 millions de chiffre d'affaires), a alors l'idée de séparer le process en deux étapes distinctes. Le savon opaque est d'abord extrudé à une température de 35 à 40 degrés, puis transféré dans un moule où figure la signature, gravée en creux et estampée. Dernier problème à résoudre : l'adhésion des deux savons dans un second moule. Le savon transparent est en effet coulé à chaud sur le savon opaque. " Par chance, une fois traitée à chaud, la base transparente adhère très bien, en refroidissant, à la base opaque ", explique Jean Arondel. Sonia Rykiel a mis en vente son savon en mai. Depuis, le process intéresse bien d'autres marques. " Nous avons déjà plusieurs autres applications en cours ", révèlent les dirigeants de LTR et de Sagal, sans vouloir en dire plus.



L'enjeu

Différencier un savon de luxe des produits de grande distribution.

Le défi

Associer deux savons de nature différente.

Les moyens

Association entre trois PME : un cabinet de designer, un fabricant de moules et un industriel de l'hygiène-beauté de luxe.

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