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Saft : des inquiétudes pour l’usine de Nersac

Par Colette Goinère (Aquitaine) - Publié le

Social. Le 2 septembre dernier, le préaccord de rupture était signé ! Le 30 septembre, le divorce sera officialisé entre la société Saft et l’américain Johnson Controls. Ce dernier versera un chèque 100 millions d’euros à Saft pour qu’elle ne fasse plus partie de la joint-venture que les deux groupes avaient créée il y a trois ans.

L’américain deviendra alors seul propriétaire des usines englobées dans la JV, celle du Michigan aux Etats-Unis, de Hanovre en Allemagne, ainsi que le site charentais de Nersac (France).

Tout avait pourtant démarré sous les meilleurs auspices. Saft, spécialiste des batteries haut-de-gamme et Johnson Controls, tourné vers les équipements automobiles, décident de s’allier au travers du JV détenue à 51 % par le groupe américain et à 49 % par Saft.

Objectif ? Se positionner sur les batteries lithium-ion et répondre ainsi aux besoins des véhicules hybrides haut-de-gamme. A Nersac, où Saft emploie déjà 500 salariés, un bâtiment est érigé pour abriter la production de batteries au lithium-ion destinées à des véhicules haut de gamme Mercedes, Ford, BMW et aussi pour le constructeur chinois BAI. 150 salariés y sont affectés.

Tout roule jusqu’au moment où Johnson Controls annonce son intention d’étendre la JV à un autre marché, celui des énergies renouvelables avec la production de conteneurs de stockage d’énergie au lithium-ion dédiées aux fermes solaires. Un marché du futur prometteur pour lequel Saft estimera qu’elle n’a pas besoin de son partenaire américain pour se lancer sur ce marché.

C’est le clash ! Reste que les conséquences de ce divorce inquiètent les salariés de l’usine de Nersac (Charente) et de Bordeaux (Gironde). « Le site charentais va passer sous contrôle américain jusqu’à la fin 2012. Ensuite du fait que l’usine est sur un terrain de la Saft, elle reviendra dans son giron en 2013. Nous sommes inquiets. Pourquoi Johnson Controls fournirait de la charge sur un site dont il va se délester ? », interroge Christophe Arquey, le secrétaire de comité des établissements.

A Bordeaux, le site de Saft (600 salariés) devrait être peu impacté. Seule une vingtaine de personnel en étude et développement travaillent pour la joint venture. Un CCE va se tenir début octobre. « Il déroulera avec encore plus de précision les termes du divorce », note Christophe Arquey.


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