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L'Usine Aéro

Safran reconnaît "un problème de qualité" sur le moteur Leap des Boeing 737 MAX

Olivier James , ,

Publié le

Boeing a suspendu des vols d’essais de son 737 MAX suite à des défauts constatés sur le moteur Leap 1B, produit par General Electric et Safran Aircraft Engines via leur société commune CFM International. Olivier Andriès, président de Safran Aricraft Engines, a répondu à nos questions.

Safran reconnaît un problème de qualité sur le moteur Leap des Boeing 737 MAX
Safran (Villaroche) montage des moteurs d'avion CFM et Leap
© Guittet Pascal Guittet Pascal

L'Usine Nouvelle - Comment avez-vous détecté le problème incriminé sur le Leap 1B ?

Olivier Andriès - Nous avons identifié dans le cadre de notre processus contrôle qualité des pièces un problème de qualité sur un disque de turbine basse pression. Je ne peux pas donner plus de détails mais je précise que ce disque n’était pas encore monté sur une turbine. Ceci nous a amené à nous poser des questions. Nous avons averti immédiatement notre partenaire General Electric ainsi que Boeing.

Quelle est la cause précise ?

Nous travaillons aujourd’hui sur la compréhension de la cause racine de ce que nous avons observé. Il ne s’agit pas d’un problème de conception. Il s’agit d’un problème de qualité au niveau de la fabrication, chez un seul et unique fournisseur que je ne nommerai pas. Il s’agit d’un forgeron en l’occurrence, qui livre des bruts de forgé. Le problème de qualité que nous avons identifié concerne bien la forge et non l’usinage.

Quel sera l’impact industriel pour Safran ?

Pour le Leap, nous avons depuis le début une politique systématique de double voire de triple sources pour chacune des pièces du moteur. Pour la pièce en cause, nous avons une source alternative, un deuxième forgeron réalise également ces disques. Alors que Boeing a réalisé 2300 heures d’essais pour le 737 MAX, ce qui fait 4600 heures de vol moteur, nous n’avons rencontré aucun problème lors des essais. Nous n’avons également rencontrés aucun problème à l’occasion des tests Etops pour les vols de 180 minutes d’affilée qui ont nécessité 3000 cycles sur bancs d’essais.

Comment allez-vous résoudre le problème ?

Notre priorité étant d’assurer la sécurité les vols, nous avons identifié une population de disques de turbines que nous souhaitons pouvoir inspecter de nouveaux pour lever le doute. La population de moteurs affectés, [une trentaine selon General Electric, ndlr], est limitée. Nous espérons lever les doutes le plus rapidement possible pour que les vols d’essais du 737 MAX puissent reprendre.

Combien de temps cela va-t-il prendre ?

Nous allons demander à Boeing de nous renvoyer cette population limitée de moteurs. Ils vont être démodularisés chez General Electric aux Etats-Unis qui nous renverra à Villaroche les turbines. Nous allons ensuite démonter les turbines, réinspecter les disques de turbines et remonter les turbines. C’est un processus qui prendra environ une semaine par turbine. L’ensemble nous prendra plusieurs semaines.

Cela aura-t-il un impact sur le calendrier de production du Leap ?

Nous nous mettons en situation d’effectuer ces inspections sans impact sur la production du Leap. Nous mettons en place des ressources supplémentaires pour être en mesure de traiter ce flux de turbines supplémentaires. Je maintiens que cela ne change rien à notre objectif de livraisons de l’année de 500 moteurs pour 2017. Notre deuxième fournisseur de disques est déjà actif, il a déjà produit des disques de turbines qui ont été assemblées dans des moteurs, livrés y compris chez Boeing. Nous lui avons demandé d’augmenter ses capacités très vite pour nous soutenir. Je suis relativement confiant dans le fait que nous pourrons maintenir notre flux de production sur les moteurs neuf tout en traitant cette population limitée de moteurs que l’on doit dédouaner et permettre une entrée en service du 737 MAX au mois de mai, comme prévu.

Qui est ce fournisseur défaillant ?

Je ne souhaite pas le livrer à la vindicte. Je peux vous préciser qu’il ne livre aucun disque pour le Leap 1A destiné à Airbus. Les disques de turbines de ce moteur sont d’ailleurs un peu différents que ceux du Leap 1B, et ils sont fournis par d’autres forgerons. Le Leap 1A n’est absolument pas impacté. Nous avons prévenu Airbus.

Quel sera l’impact financier pour Safran ?

L’heure n’est pas venue d’en parler. Nous sommes focalisés sur notre premier objectif, celui d’assurer la sécurité des vols et de minimiser l’impact pour Boeing, qui devrait se cantonner à une perturbation logistique pendant quelques semaines. Mais il y aura forcément un petit impact pour Safran.

Propos receuillis par Olivier James

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