Safran entre dans le CAC40
Par Rémy Maucourt - Publié le
A compter du 19 septembre, le groupe d'aéronautique et de défense prendra la place de la banque Natixis dans l'indice boursier de référence. Au cours de l'été, Safran a élargi la part flottante de son capital.
Avec ce nouvel arrivant, le CAC40 devient un peu plus industriel. C'est le conseil scientifique des indices, responsable de la composition de l'indice phare de la bourse de Paris, qui a décidé d'en exclure la banque Natixis au profit de Safran.
Les deux critères majeurs sur lesquels se base le conseil sont la taille du capital flottant (placé en Bourse) et le nombre d'échanges enregistrés sur les titres. Safran a justement augmenté la part variable de son capital cet été, ce qui a dû influer sur la décision du conseil.
50% du capital de Safran sont aujourd'hui publics, échangeables à la bourse. L'Etat possède 30,2% des parts, et les salariés du groupe 16,2%. Areva est le premier actionnaire privé avec 1,8% des actions.
Une société en pleine croissance
Le groupe Safran a réalisé 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2010, pour un bénéfice net de 508 millions d'euros. Interviewé par l'Usine Nouvelle avant le salon du Bourget, son PDG Jean-Paul Herteman affichait son optimisme : "nous avons quatre à cinq années de forte croissance devant nous".
Le premier semestre 2011 a en effet été positif pour Safran. Le bénéfice net du groupe a grimpé de 42%, à 317 millions d'euros. La direction a donc revu à la hausse ses prévisions, tablant sur un bond de son résultat opérationnel courant compris entre 25 et 30%. Safran profite du rebond de l'aéronautique. Le groupe est un équipementier de rang un, qui travaille avec Boeing, EADS ou encore Dassault Aviation.
Safran négocie depuis des années un rapprochement avec Thales, son concurrent français. Les deux groupes agissent sous la pression de l'Etat, leur actionnaire principal. Au printemps, les détails d'un plan d'échange de certaines activités en doublon avait été révélé. Mais cet accord n'a jamais été officialisé, et rien n'est encore fait.
L'arrivée de Safran dans le CAC40 au détriment d'une banque est un signe important. Certains analystes ont regretté récemment le poids trop important des valeurs banquaires dans l'indice. Ce secteur auraient contribué à accentuer la volatilité du CAC40. Aujourd'hui, parmi ces 40 groupes censés représenter l'économie française, 30 sont industriels.

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