Safran devient le n°2 mondial des systèmes électriques pour avion

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Moteur M88 Safran assemblage contrôle

L’équipementier français a racheté les activités de distribution et de génération électriques de l’américain de Goodrich. Il estime être le seul fournisseur alternatif au leader du domaine l’américain Hamilton Sundstrand à pouvoir offrir une offre complète de système électriques pour aéronefs.

Un Nöel avant l’heure. Safran s’est offert ce week-end du 13 octobre 2012 les technologies électriques pour aéronefs de l’américain Goodrich. "Nous avons tous les jouets de la panoplie",  se félicite Jean-Pierre Cojan, directeur général adjoint de Safran en charge de la stratégie.

Déjà spécialiste du câblage et des actionneurs électriques (via ses filiales Labinal et Hispano -Suiza), il acquiert en effet les systèmes de distribution et de génération électriques de Goodrich. Le conglomérat UTC, qui avait racheté Goodrich l’an dernier, a été contraint de céder ces activités pour éviter d’avoir une position dominante sur le marché.

Safran a mis le prix fort : 310 millions d’euros versés en cash. Il faut dire que les actifs de Goodrich étaient très convoités et vendus à travers un processus d’enchères. Parmi la dizaine de fabricants en lice au départ, quatre d’entre eux étaient encore en compétition vendredi soir. La transaction s’est conclue durant le week-end.
 
Un business significatif

Chez Safran, on relativise ce montant. "Nous sommes le seul fabricant face à UTC capable de travailler sur l’intégralité du système électrique d’un avion", explique le dirigeant.  Désormais les activités du groupe dans ce domaine pèsent 850 millions d’euros de chiffre d’affaires. "Cela n’aurait pas été possible même en embauchant de nombreux ingénieurs. Cela aurait demandé des investissements en R&D phénoménaux en centaines de millions d’euros. Seuls, nous aurions loupé le coche pour arriver à avoir une offre crédible face à des concurrents établis", poursuit-il.

Avec cette acquisition, Safran récupère l’usine moderne de Pitstone Green au Royaume-Uni et ses 460 salariés ainsi que le centre de recherche de Twinsburg dans l’Ohio aux Etats-Unis d’une centaine d’employés. Autre justification à ce prix fort : Safran achète des parts de marchés et un business significatif évalué à environ 200 millions de dollars de chiffre d’affaires annuels.

Toutefois c’est un véritable pari sur l’avenir. "Il faut préparer aujourd’hui les solutions qui seront disponibles pour les avionneurs dans dix ou quinze ans", explique Jean-Pierre Cojan.  En effet, les A320 et les 737 de future génération prévus pour 2025 devraient faire appel plus massivement à l’énergie électrique plutôt qu’aux énergies hydraulique, mécanique et pneumatique trop complexes à maintenir.

Il est révolu le temps où l’électricité ne servait qu’à éclairer la cabine, faire fonctionner le cockpit et chauffer le plat des passagers. Aujourd’hui, les avions font de plus en plus appel à l’électricité pour la gestion des différentes parties de l’appareil : l’A380 pour ses inverseurs de poussée, le 787 pour son freinage… Demain le roulage sur piste et le relevage des trains d’atterrissage seront également assurés de cette manière.

Pour Thales et Zodiac, déjà présent sur les technologies électriques, c’est un coup dur. Généralement, il n’y a de la place que pour deux fournisseurs sur les technologies d’avions.  Et Safran entend bien être le deuxième élément du duopole électrique avec Hamilton Sundstrand.

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