SAB Miller conforte sa place de numéro deux mondial
Par Patrick Déniel - Publié le
Après trois mois de négociations, l’OPA de 7,4 milliards d’euros lancée par le britannique SAB Miller sur Foster’s, le premier brasseur d’Australie avec 50 % du marché, semble être sur la bonne voie. Le britannique a relevé son offre de 6 % après que l’Australien ait refusé sa précédente proposition en juin.
Avec cette acquisition, SAB Miller, qui commercialise les marques Grolsch, Miller et Peroni, atteindrait 22,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et conforterait sa place de numéro deux mondial de la bière derrière AB InBev (Budweiser, Beck’s, Stella Artois, Leffe) qui totalise environ 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le britannique se renforce sur un marché mature où les marges sont élevées, bien que la croissance soit cependant plus faible que sur les pays émergents, où SAB Miller est relativement bien positionné.
L’opération, qui pourrait être finalisée d’ici la fin de l’année, poursuit un vaste mouvement de concentration initié depuis plus de deux ans avec la fusion d’Anheuser-Busch et InBev, devenu leader. Le secteur a également vu Carlsberg et Heineken se partager Scottish & Newcastle. Puis l’an dernier, Heineken a déboursé plus de 5 milliards d’euros pour acquérir Femsa.
L’année 2011 avait été calme sur le front des rachats. Heineken a pris des parts dans le nigérian Sona Group, et plus récemment, le brasseur japonais Kirin s’est offert le contrôle de plus de 50 % du capital du brésilien Schincariol pour 1,8 milliards d’euros.
Mais la concentration devrait continuer. Selon une récente analyse de Fitch Ratings, il existe au moins une dizaine de cibles attractives de taille moyenne dans les pays en développement, dont la valorisation oscille entre 2 et 5 milliards d’euros. Le cabinet de notation cite notamment le tchèque StarBev (détenu par le fonds CVC Partners), le sud-coréen Oriental Breweries ou même le mexicain Modelo. Certains analystes anticipent également la sortie du français Castel du secteur de la bière en Afrique de l’Ouest, et une vente de ses activités à son associé à SAB Miller. Mais le rachat de Foster pourrait différer, voire annuler, ce scénario.

dans la même rubrique
27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts
27/05/2012 Production












