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Rolls Royce veut réduire de 20% la consommation des avions d'ici 2020

Par Hassan Meddah - Publié le
Moteurs Rolls Royce
© D.R.

Le motoriste britannique mise sur la nouvelle technologie dite open rotor basée sur des hélices non carénées. Il est confiant de pouvoir résoudre le problème du bruit émis par ces hélices afin d'être compatible avec les exigences des avionneurs.

Pour réduire significativement la consommation des futurs avions, Rolls Royce croit fermement à la technologie dite Open Rotor. Ces moteurs présentent une architecture très différente de ceux d'aujourd'hui : ils présentent deux rangées d'hélices contra-rotatives qui sont à l'extérieur de la nacelle du moteur. "Cette architecture nous permettra de réduire de 20% la consommation des appareils d'ici 2020 par rapport aux avions actuels", explique Karsten Mühlenfeld, le directeur de la R&D de Rolls Royce en Allemagne.

Toutefois, le gros handicap de cette architecture est le bruit généré par les moteurs puisque ces hélices ne sont plus contenues dans la nacelle. "Nous sommes confiants que nous pouvons résoudre ce niveau de bruit en respectant les seuils que l'industrie s'est imposés. Bien entendu, cela nécessite une intégration importante entre le moteur et le fuselage de l'appareil", explique Karsten Mühlenfeld.

Selon lui, les essais réalisés en soufflerie menés à partir de moteurs à échelle réduite ainsi que les simulations numériques montrent en effet qu'une réduction du bruit significative est envisageable. Toutefois ces moteurs montrent une première limitation. Les avions équipés d'une telle motorisation voleraient à Mach 0,8 soit moins vite que les avions actuels (Mach 0,9) mais plus vite que les turbopropres (Mach 0,65). Le premier segment ciblé par les open rotors serait donc le marché des avions moyens et court courrier.

Dans ce domaine, le motoriste semble avoir un temps d'avance sur ces concurrents notamment Safran. S'il travaille sur cette technologie, le groupe français n'est pas sûr d'aboutir à un produit répondant à la fois aux objectifs de réduction de consommation et de bruit simultanément.

L'enjeu des open rotors est important pour Rolls Royce. Le motorise britannique a raté le marché de la remotorisation des moyens et court-courrier. Il a ainsi laissé le champ libre à l'américain Pratt & Whitney et à l'alliance CFM International entre GE et SNECMA, les seuls à disposer d'une offre pour l'A320 NE0 d'Airbus et le 737 Max de Boeing. Grâce à sa R&D, Rolls Royce veut revenir dans la course. "Dans les 10 dernières années, nous avons investi près d'un milliard de livres par an", indique Karsten Mülhenfeld.

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