Robotique domestique : des atouts significatifs pour la France

Par  - Publié le
l'américain iRobot
© iRobot

Le marché émergent de la robotique personnelle, dominé par les robots de nettoyage, offre de belles opportunités pour l'industrie française, conclut une étude du cabinet Erdyn Consultants. La filière a cependant besoin de se développer commercialement, au-delà des pures recherches académiques.  Et pour cela, elle doit obtenir plus de financements de la part des capitaux-risqueurs.

Les robots aspirateurs, robots tondeuses et autres automates à vocation ludique, commencent à trouver leur public. Selon le cabinet Erdyn, spécialisé dans le conseil en innovation, le marché mondial de la "robotique de service personnelle" devrait doubler entre 2010 et 2015 pour atteindre 8 milliards de dollars. Et sur ce nouveau segment, la France pourrait tenir un rôle important.

"La France possède des atouts significatifs, notamment en matière de recherche académique, et accueille des pépites industrielles qui pourraient voir émerger quelques-uns des futurs leaders du domaine", indique à L'Usine Nouvelle, Olivier Fallou, associé d'Erdyn. Il a dirigé l'étude intitulée : "Le développement industriel futur de la robotique personnelle et de service en France", qui vient d'être rendue publique*.

Conclusions de cette enquête : "La France est reconnue comme un acteur important de la robotique sur le plan académique, et a vu naître quelques entreprises reconnues sur le secteur comme Aldebaran Robotics ou Robopolis". Au total, le nombre d’entreprises hexagonales dont l’activité principale est la conception ou la fabrication de robots de services serait compris entre 30 et 60 pour un nombre d’emplois de quelques centaines de personnels très qualifiés, note l'étude.

Mais la filière fait également face à certaines difficultés. Contrairement à l'Allemagne, les acteurs français ne peuvent compter sur l'aide de la robotique industrielle, aujourd'hui totalement disparue de l'Hexagone. "À la place, les entreprises françaises basent leur activité sur la valorisation de travaux de laboratoire et de recherches académiques. Mais elles ne parviennent pas toujours à les transformer en véritables projets commerciaux", poursuit-on chez Erdyn.

Autre difficulté : les grands groupes industriels français ne communiquent pas suffisamment aujourd’hui autour de la robotique, même s'ils ont des projets de R&D dans ce domaine. "Cela reste pour la plupart d’entre eux un objet de veille plus qu’un sujet d’actualité", souligne l'étude. De son côté, l'Etat intègre la robotique dans certaines aides à l'innovation, via notamment les Pôles de compétitivité, mais "le domaine spécifique de la robotique est peu mis en avant".

Une filière en mal d'investissements

L'étude met également en avant le faible engouement du capital-risque français pour la robotique domestique. "Associé à des visions d’entreprises essentiellement tournées vers la technologie plutôt que vers les marchés, cela conduit aujourd’hui à un manque chronique de fonds propres des PME pour conduire leur développement", souligne Erdyn.

Un avis partagé par Bruno Bonnell, dirigeant de Robopolis et également président de Syrobo, syndicat français des entreprises du secteur robotique professionnelle et de service. "La filière en France connaît un véritable problème de financement. Si de nombreuses startups se créent,  elles ne parviennent pas à trouver les fonds propres nécessaires à leur développement."

C'est pour répondre à cette problématique que l'ancien directeur d’Infogrames -Atari a créé, début 2012, le fonds d'aide Robolution Capital. Ce fonds dispose pour l'instant d'un apport de 60 millions d'euros, financé notamment par Orkos Capital et la Caisse des dépôts. Il devrait aider une trentaine de projets qui sont actuellement en cours d'évaluation.

Selon le responsable, la filière doit être aidée et rapidement. "La robotique personnelle n'est plus à conjuguer au futur. Nous parlons d'un marché qui sera largement développé à l'horizon 2015 et sur lequel des acteurs étrangers progressent rapidement. Nous devons saisir cette opportunité exceptionnelle de réindustrialisation", conclut-il.

* L'étude : "Le développement industriel futur de la robotique personnelle et de service en France" a été commandé en 2011 par le Pôle Interministériel de Prospective et d'Anticipation des Mutations Economiques (PIPAME) et la Direction Générale de la Compétitivité, de l'Industrie et des Services (DGCIS). Ce rapport de 200 pages a pour vocation d'éclairer les industriels et les pouvoirs publics sur le potentiel de ce nouveau marché.   

Le robot aspirateur représente 97% du marché
Selon l'étude du cabinet Erdyn, le marché de la robotique personnelle est tiré par la robotique de nettoyage (aspirateurs) qui constitue aujourd’hui l’essentiel des ventes réalisées, soit 1,4 million d’unités en 2010. "Ce segment représente 97 % de l’ensemble des robots vendus pour un usage domestique", indique l'étude. Le leader dans ce domaine est l'américain iRobot.
Le deuxième segment est celui des robots jouets, puis, dans une moindre ampleur : les robots tondeuses ainsi que les nettoyeurs de piscine ou de sols. Les industriels prévoient de vendre 14 millions de robots à usage domestique entre 2011 et 2014.

Imprimer

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

1 réaction

INNOROBO | 26/06/2012 - 11H06

Regardons au delà de la robotique de services personnelle, dominée par un seul produit: le robot aspirateur. De nombreux marchés existent en robotique de services professionnelle, en B to B, avec un potentiel de croissance et une réalité "business" dès aujourd'hui: logistique, sécurité-surveillance, transport, robotique d'intervention, robotique agricole...

Signaler un abus |  CITER

Effectuer une autre recherche

Rechercher

Identifiez-vous