RIO TINTO, LE FILON MONGOL
Par Daniel Krajka - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3219
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La hache de guerre est finalement enterrée entre les mineurs canadien Ivanhoe et anglo-australien Rio Tinto. Au terme d'un tout nouvel accord, Rio Tinto s'engage à ne pas dépasser une prise de capital de plus de 49 % d'Ivanhoe d'ici à janvier 2012. Pour empêcher un grignotage progressif du capital d'Ivanhoe, Robert Friedland, le promoteur du groupe minier, se proposait d'émettre jusqu'à 1,2 milliard de dollars d'actions nouvelles, une manoeuvre à laquelle Rio avait répondu par voie judiciaire.
Surtout, Rio Tinto obtient le contrôle opérationnel du projet minier Oyu Tolgoi, en Mongolie, dont il assurera un crédit-relais de 1,8 milliard de dollars pour accélérer les travaux avant le bouclage du financement du projet (évalué à 6,5 milliards de dollars). Situé dans le désert de Gobi, à 80 km au nord de la frontière avec la Chine et à 550 km au sud d'Oulan-Bator, la capitale de l'État, la mine d'Oyu Tolgoi est le plus important gisement cuivre/or identifié, mais non encore exploité, au monde. Selon les dernières estimations, il renfermerait près de 38 millions de tonnes (Mt) de cuivre et 46 millions d'onces d'or.
« Ce site aura une importance capitale pour la Mongolie, notent ses promoteurs. Il augmentera de 30 % le PIB du pays et de 10 % l'emploi total. » En octobre 2009, Ivahnoe et Rio Tinto avaient signé un accord avec le gouvernement mongol, lui cédant 34 % du projet. Les autorités s'étaient alors engagées à ne pas modifier le régime fiscal (sauf si la législation devient plus favorable) et la régulation du projet pendant trente ans, avec une option de vingt ans supplémentaires.
Tout d'abord, le gisement sera exploité par une mine à ciel ouvert qui, dès 2013, fournira 100 000 tonnes de minerai de cuivre par jour au concentrateur actuellement en construction. Deux ans plus tard, une mine souterraine utilisant la nouvelle technologie de « block caving » entrera en activité, avec une capacité d'extraction quotidienne de 85 000 tonnes. L'énergie nécessaire sera fournie dans un premier temps par une sous-station située de l'autre côté de la frontière chinoise. Quant aux débouchés, pas la peine de chercher loin, le cuivre mongol sera exporté vers la Chine... qui voudrait bien participer au projet.











