Rio+20 : "Reconnaître l'économie verte est déjà une avancée notable"

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Pollution
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  "Rio moins 20". Les commentaires ironiques et critiques ont fusé dans la presse et sur la toile au lendemain du sommet sur le développement durable qui s’est déroulé à Rio jusqu’au vendredi 22 juin. Mais le bilan est-il aussi accablant ? Réponse avec Claire Tutenuit, la déléguée générale de la fédération EPE (Entreprises pour l’environnement), à son retour du Brésil.

L'Usine Nouvelle - A l’issue du Sommet de Rio+20, les critiques se sont multipliées fustigeant l’absence d'objectifs contraignants et de financement. Est-ce justifié ?
Claire Tutenuit - Le texte manque d’ambition, c’est très clair. Il faut souligner quelques éléments positifs pourtant. C’est la première fois qu’un texte de cette nature fait réellement appel aux entreprises. Le texte final admet leur rôle dans la transformation de l’économie. Et reconnaître l’économie verte est déjà une avancée notable. Le souci de mobilisation des entreprises est visible.

Le rôle du secteur privé est également souligné, notamment pour faire du partenariat privé/public.  Pour opérer les mutations qui s’imposent, il y aura un grand besoin de financements innovants qui pourraient être obtenus par ce biais-là. Il a été conclu qu’un mécanisme devra être implémenté afin de financer l’innovation technologique.

Enfin, un cadre d’une dizaine d’années a été décidé pour faire de la production durable, pour transformer les modes de production.

L’autre moment important de cette conférence, en marge des négociations, était le Business action for sustainable development. Qu’est-il ressorti de cette rencontre ?
Ce forum réunissait différents réseaux d’entreprises qui ont travaillé ensemble sur leur rôle et leur volonté de déployer de l’économie verte. Environ 1 000 entreprises étaient représentées, la mobilisation était forte. Ils ont confirmé leur volonté d’avancer et de passer du stade de la bonne pratique exceptionnelle à la généralisation. Cela nécessite l'instauration d’un cadre réglementaire.

Mais ce cadre réglementaire n’a justement pas été défini lors du sommet de Rio…
Au contraire, il a été reconnu qu’il doit se faire au niveau plus local. Chaque Etat, ou région, va être responsable, à son niveau. En revanche, les groupes, eux, sont mondiaux et sont capables de s’adapter à des cadres réglementaires nationaux.

Un problème résistera tout de même : il y existera forcément des cadres très divergents selon les Etats. De ce fait, les conditions de concurrence pourraient être très déséquilibrées.

Dans les points faibles, il faut aussi souligner cette impression que la priorité est donnée au développement sur la protection de l’environnement.

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