RIM rapproche ses systèmes d'exploitation Blackberry et QNX
Par Christophe Dutheil - Publié le
Le fabricant canadien va fusionner ses deux systèmes d'exploitation dans un nouveau système BBX, appelé à servir d'intermédiaire en attendant la grande bascule vers QNX. La situation n'est pas sans dangers, selon un analyste.
Après la gigantesque panne de son réseau, après les excuses et les dédommagements, RIM (Research In Motion) repart de l'avant. Le fabricant canadien vient de profiter de sa conférence développeurs aux États-Unis pour lever le voile sur la prochaine version de son système d'exploitation pour mobiles.
Baptisé BBX, le nouveau système devrait fusionner des éléments de la plate-forme "historique" de RIM, Blackberry OS, avec le système d'exploitation QNX racheté l'an dernier. Ce qui devrait ravir certains analystes qui, comme le Gartner, soulignaient récemment que "QNX est une plate-forme solide", plus performante que Blackberry.
Un environnement de transition
Pour Malik Kamal Saadi, analyste du cabinet britannique Informa Telecoms and Media, "c'est techniquement une bonne nouvelle" : "Avec BBX, RIM va mettre sur une seule plate-forme le meilleur de Blackberry, et notamment l'interface et les services de messagerie, et le meilleur de QNX, dont l'architecture fondée sur des micro-noyaux offre de nombreux avantages." Un exemple : "il est possible avec QNX de 'partitionner' le système dans de multiples environnements et ainsi d'isoler les applications personnelles ou les solutions professionnelles dans des espaces étanches."
Mais il y a des bémols. "BBX ne sera qu'un environnement transitoire", estime l'analyste. "Blackberry prend de l'âge et RIM va utiliser BBX pour jeter un premier pont vers QNX, qui ne fonctionne pas bien avec certaines applications de messagerie au cœur du système Blackberry." BBX devrait notamment autoriser le lancement de la messagerie instantanée Messenger dans "des partitions isolées du nouveau système, agissant comme des émulateurs de l'ancien OS."
Un risque de confusion
Le hic ? "RIM va se retrouver dans une situation où il va devoir gérer au moins trois systèmes d'exploitation différents", poursuit Malik Kamal Saadi : "Blackberry, BBX et QNX, ce dernier étant déjà utilisé sur la tablette Playbook". Un environnement fragmenté, donc coûteux, mais aussi "susceptible d'entraîner davantage de confusion dans l'industrie".
En effet, avec ces trois plates-formes, les entreprises devraient avoir beaucoup de travail pour développer des applications compatibles avec les trois environnements.
Plus grave pour RIM, "étant donné qu'il est le seul fabricant de smartphones à utiliser ses propres infrastructures serveurs pour crypter et envoyer les messages, il va devoir adapter ses infrastructures à ces trois environnements", conclut le même analyste. "D'où un risque d'accroître encore leur complexité et d'exposer le système à de nouvelles vulnérabilités." Ce qui serait du plus mauvais effet après la gigantesque panne qui vient de toucher les utilisateurs du Blackberry.

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