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Rigueur: les états font pression sur les laboratoires pharmaceutiques

Par Rémy Maucourt - Publié le
Pharmacie
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Les États européens veulent réduire les prix des médicaments. En représailles, certains industriels de la pharmacie ont retiré des produits du marché.

Entrés dans une phase de rigueur, les états européens cherchent à faire des économies sur leurs systèmes de santé, et donc à réduire les prix des médicaments. Dans un dossier paru le 10 juin, le quotidien La Tribune détaille les enjeux de ce changement de politique.

Début mai, la Grèce a annoncé une baisse moyenne de 21,5% des prix des médicaments. Ce geste est un symbole fort: les prix dans ce pays étaient déjà les plus bas du continent. Des mesures similaires vont être mises en place ailleurs: le parlement espagnol a voté une réduction de 7,5% des prix des médicaments vendus au service de santé public. L'Allemagne va exiger des laboratoires des baisses de 6 à 16% à partir d'août. En France, le ministère de la santé n'a pas été aussi précis, mais a néanmoins annoncé qu'une baisse de ces prix viendra s'associer aux déremboursements intervenus début avril. Même au Royaume-Uni, un des dernier pays où ces prix sont librement fixés par les laboratoires, on parle d'un système pour les encadrer.

L'industrie pharmaceutique a répondu fortement. Deux laboratoires danois, Novo Nordisk et Leo Pharma, ont retiré une quarantaine de produits du marché grec. Interrogé par La Tribune, Mads Krogsgaard Thomsen, Vice-président de Novo Nordisk, dit craindre des "importations parallèles" et une influence sur les prix du reste de l'Europe. Il insiste également sur le coût de la recherche: "si vous voulez les dernières innovations pour lesquelles nous avons lourdement investi, il faut nous permettre de couvrir ces dépenses."

Un autre argument entre en jeu: les grands laboratoires pourraient menacer de délocaliser leur production des pays qui baisseraient les prix. En Espagne, l'organisation patronale Farmaindustria a estimé que les baisses de prix entraîneront la suppression de 5 000 emplois directs et 15 000 indirects.

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