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Retraites : les syndicats mécontents, prêts à se mobiliser

29/04/2008
La bataille des retraites a commencé. Face à un gouvernement inflexible sur la réforme, les syndicats sont unanimes dans leur mécontentement. Après avoir été reçus hier par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, les organisations syndicales ont rejeté la décision d'allonger la durée de cotisation à 41 ans et montrer leur scepticisme concernant les mesures pour l'emploi des seniors (voir toutes les mesures ci-dessous).  Pour Bernard Thibault (CGT), le texte est « gravissime » jugeant qu' « "il n'y a aucun point positif du point de vue des salariés" dans le projet du gouvernement. Les dirigeants syndicaux doivent se réunir mardi soir pour envisager une mobilisation au-delà de celle prévue le 1er mai.

Même constat du côté de la CFDT qui avait pourtant approuvé la loi Fillon de 2003. Son dirigeant François Chérèque a notamment souligné que le projet ne comprend que "quelques petites mesures qui ne sont pas au niveau de l'enjeu". Seule un dispositif trouve grâce à ses yeux : le maintien des carrières longues avant 60 ans. Il demande notamment que soit reportée la date du déclenchement des 41 ans de cotisation.

Pour Jean-Claude Mailly (Force ouvrière) qui appelle à manifester le 15 mai, "il y avait d'autres pistes de financement possibles" comme une taxation de "l'intéressement, la participation, les stock-options (...) ou une augmentation de l'impôt sur les bénéfices pour les dividendes distribués aux actionnaires". Un point de vue partagé par Jacques Voisin (CFTC) qui s'est dit favorable à une action unitaire.

Bernard Van Craey (CFE-CGC), sans appeler à la mobilisation, a jugé "qu'augmenter de manière arbitraire la durée de cotisation à 41 ans ne ciblait les efforts que sur les salariés", sans donner de "garanties" sur l'emploi des seniors. Sans surprise, le Medef a salué le passage à 41 ans, qui constituait "un minimum". La CGPME a jugé le texte "globalement bien équilibré" et l'UPA (artisanat) ne voit pas "de désaccord particulier" avec le projet.

Carmela Riposa

Consulter le texte remis aux partenaires sociaux le 28 avril 2008


Les propositions du gouvernement

      Les 41 ans de cotisations pour tous
Des trois leviers pour financer les retraites, Xavier Bertrand en a exclu d'emblée deux, à savoir la baisse des retraites et la hausse des cotisations qui « réduit le pouvoir d'achat et diminue la compétitivité des entreprises ». Donc ne restait plus que l'allongement de la durée de cotisation, « prévue par la loi Fillon 2003, autrement dit « travailler plus pour cotiser plus ». Le gouvernement a confirmé lundi 28 avril l'application de la réforme : 41 ans de cotisations pour une retraite à taux plein d'ici à 2012, à raison d'un trimestre par année dès le 1er janvier 2009. Pour justifier cette décision, le ministre a en outre évoqué le déficit de la branche vieillesse atteindra « 11 milliards d'euros pour la seule année 2012 ». Ce qui signifie, selon lui, qu'une retraite sur dix ne sera pas financée. Mais aussi l'espérance de vie qui a progressé de « 22 ans depuis le départ à la retraite ». Enfin, la situation de l'emploi et en particulier des séniors dont le taux d'activité n'est que de 38% à comparé aux 43,5% dans l'Union européenne.

      Les mesures incitatives pour l'emploi des seniors
Pour mettre « les bouchées doubles sur l'emploi des séniors », une batterie de mesures vont être mises en place ou poursuivies. L'âge légal de la retraite est maintenu à 60 ans mais le seuil maximum de 65 ans devrait être assoupli, tout comme le cumul entre un emploi et une retraite. Par ailleurs, le dispositif « carrières longues » est reconduit. Il permet aux salariés ayant commencé à travaillé à 14 ans de partir à la retraite avant 60 ans. Cette mesure concerne 100 000 personnes par an pour un coût évalué à environ 2 milliards d'euros en 2007. Autre dispositif déjà mis en place : un « accompagnement personnalisé » pour les seniors de plus de 55 ans qui sont demandeurs d'emploi et un autre au niveau de l'ANPE. Le gouvernement en attend une amélioration de 10% à 15% du taux de retour à l'emploi".
Enfin, du côté des entreprises, pas de quotas mais des « sanctions » prévues en 2010 (une cotisation additionnelle) pour l'éviction des seniors. Tous les dispositifs de mises à la retraite anticipée sont supprimés. Le taux de « surcote » pour les salariés qui décident de travailler au-delà de 40 ans puis de 41 ans pourrait passer de 3% à 5%.

      Revalorisation des retraites
Le niveau de pension devra atteindre l'équivalent de 85% du SMIC net, comme prévu par la loi 2003. L'allocation de soutien aux personnes âgées, anciennement minimum vieillesse sera augmenté de 5% par an pour environ 600 000 personnes. Les pensions devraient être revalorisées de 1,1% en janvier mais aussi réévaluées dès septembre selon un nouveau mécanisme d'évaluation. Les pensions de réversion doivent elles aussi être augmentées, passant de 56% au 1er janvier 2009 à 60% en 2011.




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