Retraites : la durée de cotisation en question27/03/2008
Le gouvernement rencontre aujourd'hui les partenaires sociaux sur la réforme des retraites, prévue par la loi Fillon de 2003. Au cœur des débats : le passage aux 41 ans d'activité.
C'est l'un des dossiers brûlants de 2008. Après avoir réglé la question des régimes spéciaux de la fonction publique, le gouvernement lance aujourd'hui le deuxième volet de la révision des retraites lancée en 2003 par François Fillon, alors ministre des affaires sociales. Xavier Bertrand, le ministre du travail, a entamé ce jeudi, une série de rencontres bilatérales avec le patronat (CGPME, Medef et UPA) et les syndicats (CFE-CGC, CFDT, CGT, FO et CFTC) sur cette nouvelle étape de la réforme. Un point majeur sera au centre des discussions : l'allongement progressif à 41 ans de la durée de cotisation, contre 40 actuellement, à raison d'un trimestre par an entre 2009 et 2012. Selon un rapport publié le 31 décembre dernier par le ministère du travail, la durée de l'activité pourrait même atteindre 41,5 ans en 2020. Or ce passage aux 41 ans de cotisation à taux plein est d'ores et déjà fortement contesté par les syndicats. FO et la CGT récusent tout allongement de la durée de cotisation. Pour la CFDT, qui avait pourtant soutenu la loi en 2003, pas question d'augmenter la durée de cotisation sans amélioration durable de l'emplois des seniors et des jeunes. Même constat pour la CFE-CGC (cadres) qui, à l'issue d'une rencontre avec le ministre ce matin, a jugé "illusoire" d'allonger davantage la durée de cotisation pour une pension à taux plein sans augmentation sensible de l'emploi des seniors. Selon l'Office européen des statistiques, Eurostat, avec un taux d'emploi de 38,1% pour les 55-64 ans en 2006, la France reste très en dessous de la moyenne de l'Union européenne (43,5%) et loin de l'objectif de 50% en 2010 fixé au niveau communautaire. Si le gouvernement confirme sa volonté d'entamer le passage aux 41 ans dès 2009, certains syndicats « n'excluent pas » de descendre dans la rue. La CGT a déjà appelé à une mobilisation le samedi 29 mars. D'autres sujets tout aussi chauds doivent être abordés au cours de ces rencontres marathons. Notamment celui de la prise en compte de la pénibilité au travail dont les négociations depuis trois ans ont abouti mardi soir à un blocage. Les syndicats ont ouvertement demandé au gouvernement de se prononcer. Enfin, le niveau de pension, les avantages familiaux et le financement des retraites seront également au cœur de la réforme. Carmela Riposa |
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