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Retour sur la prestation d’Henri Proglio à l’Assemblée Nationale

Par Ana Lutzky - Publié le
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  Le PDG d’EDF Henri Proglio a été auditionné par les députés de la commission des Affaires économiques, mercredi 26 janvier. Deux sujets forts ont été abordés. Le prix auquel son groupe devra céder de l'électricité à ses concurrents dans le cadre de la loi Nome, et le rôle d’EDF EN sur le marché photovoltaïque.

Henri Proglio, a été auditionné hier après-midi à l’Assemblée nationale par la Commission des affaires économiques, présidée par Serge Poignant, sur la filaire électronucléaire française. Les vidéos sont disponibles en intégralité sur le site internet de l’Assemblée nationale jusqu’au 26 avril.

« Le nucléaire français n’est pas en solde »

•    Premier sujet : la loi Nome, qui doit entrer en vigueur en juillet. La loi sur la réforme du marché de l’électricité prévoit la cession par EDF d'une partie de son énergie nucléaire à ses concurrents (l’accès régulé au nucléaire historique, l’Arenh) pour accélérer la libéralisation du secteur. Le tout est de savoir à quel prix. Les décrets d’application du texte doivent encore le déterminer.

•    Pas question pour l'opérateur historique de céder une partie de son énergie nucléaire à moins de 42 euros le mégawattheure. Henri Proglio a rappelé que le prix devait être en accord avec le tarif transitoire d’ajustement au marché (Tartam), de 42 euros le MWh. Ce tarif permet aux industriels de bénéficier d’un prix de l’électricité inférieur au marché de gros.  

•    Ses concurrents, GDF Suez en tête, demandent un prix de 35 euros.  La semaine dernière, devant la même commission parlementaire, le patron de GDF Suez Gérard Mestrallet avait avancé que le prix de 35 euros était « équitable » puisque c'est « le prix qu’EDF facture aux particuliers ». «Il n’y aurait aucun pillage puisque EDF ne ferait pas de pertes, mais au contraire une marge», avait-il affirmé.

•    «Si quelqu'un est capable de vendre à 30 ou 35 euros le mégawatt sa production, j'achète! Halte aux bêtises! Halte aux contre-vérités! Non aux stupidités», s'est emporté Henri Proglio, reconnaissant qu'il n'était «pas connu pour (ses) qualités de diplomate». «Je ne vois pas pourquoi la France serait la plus abrutie des nations du monde où on ferait cadeau du patrimoine national à des concurrents», a-t-il poursuivi. « Le nucléaire français n’est pas en solde »!, a-t-il lancé.

•    Depuis quelques mois, EDF estime le prix de cession de son nucléaire à 46 euros le MWh. « Les efforts faits pour passer de 46 à 42 euros coûtent 10 milliards d’euros à EDF dans les 4 ans qui viennent. C’est suffisant », a déclaré le PDG de l’entreprise en demandant d’arrêter les « mensonges » sur les prix.

 « L'intérêt du pays » est à une « convergence » des acteurs


•    L’homme s’est positionné sur la désorganisation de la filière, et les désaccords à répétition entre EDF et Areva. « L'ambition d'EDF n'est pas d'être actionnaire de qui que ce soit ou de diriger quoi que ce soit, ça suffit déjà comme ça. Mais ou bien il y a une volonté de créer la solidarité, l'expertise d'une filière (...), ou bien EDF fera sa route et la fera en 'stand alone' », a menacé Henri Proglio.

•    « J'attends simplement (...) que les décisions de principe soient arrêtées et qu'on puisse avancer. Je crois que l'intérêt du pays, de son industrie et de ses emplois, est que cette convergence se produise. Je suis tout à fait disposé et prêt à être partenaire. » Eric Besson a fait savoir le 14 janvier qu'un conseil de politique nucléaire ferait le point « dans les prochaines semaines » sur l'organisation de la filière.

« EDF EN » a vue sur « l’international »

Les députés ont également interrogé Henri Proglio sur les énergies renouvelables.

Voici la vidéo ci-dessous (8mn) les extraits des questions des parlementaires (dans l’ordre des interventions François Brottes, Jean Dionis du Séjour, Jean-Claude Lenoir, Kleber Mesquida, Alain Suguenot, Geneviève Fioraso, Annick Le Loch) relatives à l’énergie solaire et les réponses apportées par le président d'EDF.


Audition d'Henri Proglio par l'Assemblée nationale
envoyé par zucler.

•    « L’éolien est entre 2 et 4 fois plus cher que notre production actuelle. Le photovoltaïque, 10 à 15 fois. » Le patron de l’opérateur historique croit tout de même à la compétitivité de l’éolien terrestre. « Les gains de productivité ne seront au rendez-vous que dans une dizaine d’années et pas dans des proportions permettant d’ espérer qu’ils soient un jour sur le marché sans subventions, sauf l’éolien onshore ». 

•    « Le photovoltaïque pas compétitif avant 10 ans, j'ai demandé à EDF EN d'aller plutôt se développer à l'international », s’explique le président d’EDF. Quid dès lors des projets EDF EN en file d'attente (15% d’ERDF et 75% de RTE) ? Le PDG d’EDF ne le dit pas.

•    L’homme n’est pas pour ainsi dire  à l’aise lorsqu’il évoque la position dominante d’EDF EN sur le photovoltaïque en France. C'est ce que souligne un membre de l'association "Touche Pas à Mon Panneau Solaire", dans un commentaire à la vidéo ci-dessus postée sur Facebook. En effet, Henri Proglio hasarde la phrase suivante : «Nous sommes plus présents que d’autres sur le territoire national, de manière peut-être plus efficace que les autres, je ne sais pas...». Puis le dirigeant du groupe public «baisse les yeux, rentre la tête dans les épaules. Ouf, personne ne relance», commente sur Facebook le défenseur de la filière photovoltaïque. 
 

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1 réaction

zelectron | 27/01/2011 - 21H16

la prime au monstre EDF est acquise et consolide son (quasi)monopole justifiant ainsi les gaspillages éhontés à la fois de ces prédécesseurs et les siens, à moins qu'elle ne soit reversée intégralement (surtout pas par OSEO) aux PME manufacturières.

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