Retour aux sources pour l'hydrolienne

Le 06 mai 2007 par Rédaction L'Usine Nouvelle
hydrolienne

Pour abaisser le coût de la houille bleue, la société aquaphile développe une machine marémotrice flottante munie d'une simple roue à aubes.

Faute de technologie appropriée, la plupart des courants de marée et les centaines de gigawattheures qu'ils pourraient générer chaque année restent inexploités. Un gaspillage auquel la société Aquaphile (Landeda, Finistère) espère mettre fin grâce à une hydrolienne flottante alliant simplicité et robustesse. «Plutôt que de mettre en oeuvre des mécaniques ultrasophistiquées, à l'instar de celles de nos concurrents britanniques MCT ou Ocean Power Delivery, la machine Hydro-Gen capitalise l'expérience acquise dans le domaine des roues à aubes», explique David Adrian, ingénieur de l'Ecole navale et initiateur du projet.

Enchâssée sur une sorte de catamaran et solidement amarrée au fond de la mer, cette hydrolienne bidirectionnelle est munie d'une tuyère dont le rôle est de capter puis de concentrer l'eau en mouvement jusqu'aux aubes. Ces dernières entraînent un générateur de type synchrone au moyen d'une transmission par chaîne et d'un multiplicateur.

Pour l'instant, l'entreprise dispose d'un prototype dont la roue mesure 2,3 mètres de diamètre, pour 1,8 mètre de largeur et fournit 10 kW à 8 tours/seconde pour un courant de 8 noeuds. L'objectif est désormais de construire un engin de 1 MW qui sera installé en rade de Brest et relié au réseau, après mise en forme de la tension (20 kV, 50 Hz), par câble sous-marin. Le coût descendrait à 1,3 million d'euros à partir de quelques unités produites, ce qui le ramènerait à celui d'une éolienne de puissance identique.

Aquaphile travaille aujourd'hui, en partenariat avec l'Irenav, sur l'efficacité énergétique. Avec l'espoir de doubler la puissance produite à taille donnée. Les améliorations passeront par la pose de volets mobiles, afin de mieux canaliser le courant, et par l'identification des vitesses de rotation les plus adéquates. A l'issue de ces travaux, David Adrian estime que le prix de revient du MWh produit par son hydrolienne pourrait approcher 100 euros, c'est-à-dire 50 euros en dessous du tarif probable de rachat par EdF.

Jean-charles Guézel

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