"Rester en France permet à Soitec d’améliorer en permanence notre technologie"

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Panneaux photovoltaiques Concentrix
© Soitec

Soitec, un industriel français producteur de matériaux semi-conducteurs, vient de s’installer à San Diego, aux Etats-Unis, pour y assembler des modules photovoltaïques CPV destinés au marché américain. Emmanuel Arène, directeur de la division Solar Energie de Soitec, explique qu’on peut exporter sans pour autant renoncer à sa présence en France

L'Usine Nouvelle - Vous avez acheté une nouvelle usine à San Diego. Quel est le but de cette acquisition ?
Emmanuel Arène - Aller sur le marché américain s’inscrit dans une logique que nous développons depuis 2009. Notre technologie a besoin de fort ensoleillement et d’une politique favorable aux énergies nouvelles. La Californie possède les deux. L’Etat souhaite obtenir 33% d’énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2020. Il y a un marché  prometteur. Donc nous avons investis 150 millions de dollars dans l’usine de San Diego et ses équipements. Nous avons déjà le bâtiment, il nous reste à l’améliorer. Grâce à ça, nous pourrons lancer la production fin 2012. L’usine aura une capacité de 200 Mégawatts (MW) et nous comptons encore améliorer notre technologie pour augmenter notre capacité de production.

Quelle est la technologie que vous utilisez actuellement ?
Nous produisons des cellules PV (CPV) constituées de multiples couches élémentaires d'alliages semi-conducteurs. Elles sont très chères et sont d'ordinaire réservées pour de la très haute technologie, pour les satellites par exemple. Nous avons rendu cette technologie rentable grâce à une acquisition. Nous avons acquis la société allemande Concentrix en 2009. Elle produit un module de concentration des rayons solaires, développé par le Fraunhoffer Institute à Fribourg. Les modules fonctionnent comme une loupe qui concentre jusqu’à 500 fois les rayons du soleil. Le module et les cellules combinées ont une très bonne efficacité de conversion, c’est -à-dire qu’elles permettent de récupérer 40% des rayons du soleil. Si elles sont utilisées pour les centrales solaires à grande dimension et avec un bon ensoleillement, elles peuvent produire jusqu’à trois fois plus que des panneaux photovoltaïques avec du silicium (20% d’efficacité de conversion) ou à couche mince (15%). Les semi-conducteurs sont des matériaux très chers mais avec les modules, cela revient moins cher de produire de l’électricité qu’avec les énergies fossiles.

Les cellules de conversions sont produites en France. Comptez-vous y rester ?
Nous utilisons des matériaux semi-conducteurs, dénommés III-V. Cette technologie a été développée par le CEA dont nous avons la licence. Nous produisons les semi-conducteurs nécessaires à Grenoble. 1 500 salariés y travaillent, notamment pour la recherche et développement. Nous y développons une nouvelle génération à industrialiser à l’horizon 2015. Le but est de convertir plus de 50% d’efficacité de conversion pour accentuer notre avantage compétitif sur les autres panneaux photovoltaïques. A l’étranger, nous faisons l’assemblage et installons les fermes solaires car l’énergie coûte chère à transporter. Par contre nous sommes fiers d’être implantés dans l’Hexagone et nous comptons rester à Grenoble. Notre présence en France nous permet de rester compétitifs. Nous travaillons en direct avec le CEA et le laboratoire pour les énergies renouvelables LITEN. Rester en France nous permet une synergie publique-privée qui nous donne l'occasion d’améliorer en permanence notre technologie. 

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