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Reprise d’Opel : ça presse !

Par Raphaële Karayan - Publié le

Le gouvernement et les syndicats d’Opel en Allemagne expriment avec de plus en plus d’insistance leur souhait de voir le dossier de la reprise du constructeur conclu rapidement. L’offre de Magna a la nette préférence de l'Allemagne au détriment de celle de RHJ International, mais GM joue la montre sans dévoiler ses réelles intentions.

Le conseil d'administration de General Motors ne s’est – toujours - pas décidé, vendredi dernier, sur le nom du repreneur de sa filiale européenne Opel. Cela fait maintenant près de six mois que le constructeur a été mis en vente, et trois mois que les repreneurs en lice ne cessent de présenter de nouvelles offres pour contenter à la fois la maison mère américaine et le gouvernement allemand. C’en est trop pour Angela Merkel, qui insiste désormais sur «l’urgence» d’une décision, et pour les syndicats d’Opel qui évoquent désormais des «mesures spectaculaires» si le groupe américain demeure dans l’expectative.

Le gouvernement allemand a tout fait la semaine dernière pour que la balance penche en faveur du canadien Magna, en proposant d’avancer seul le crédit de 4,5 milliards d’euros nécessaire pour assurer la vente si GM choisit Magna. En face de Magna on trouve le groupe de capital-investissement RHJ International. Selon certaines «sources proches du dossier» interrogées par Reuters, GM aurait également une préférence pour Magna et son partenaire russe Sberbank. Pourtant, on ne voit toujours rien venir.

Opel emploie près de 25.000 salariés en Allemagne, où le dossier de la reprise du constructeur est devenu un enjeu de campagne. Des élections fédérales auront en effet lieu le 27 septembre. Mais tant le parti d’Angela Merkel que les sociaux-démocrates plébiscitent le projet de Magna, à même de sauver davantage d’emplois selon la classe politique allemande. L’opposition argumente donc sur un engagement insuffisant d’Angela Merkel, qui ne réussit pas à faire avancer les négociations assez vite. Seuls les libéraux du FDP votent en faveur de RHJ, afin de barrer la route à l'allié russe de Magna.
 
Jürgen Rüttgers, ministre-président du Nord-Westphalie où se trouve l'usine Opel de Bochum et membre de la CDU (le parti de la chancelière), invite quant à lui le gouvernement américain à «prendre ses responsabilités pour pallier les faiblesses de la direction de GM et mener à une décision acceptable».

GM joue-t-il la montre pour imposer RHJ après les élections ? Cherche-t-il à faire encore monter les enchères ? A-t-il finalement décidé de déposer le bilan d’Opel ? Mieux vaudrait pour l’avenir de la marque que la décision soit prise rapidement et davantage au regard de considérations industrielles que de retombées politiques.

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