Réorganisation de mauvais augure pour la France chez Alcatel-Lucent

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Alcatel lucent
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[ACTUALISE] - Alcatel-Lucent se réorganise avec un comité exécutif restreint et une concentration sur les régions profitables. Dans ce nouveau jeu, la France garde sa R&D, mais pourrait perdre de son influence historique sur le groupe.

L’équipementier français Alcatel-Lucent se réorganise. Il annonce ce matin un "recentrage sur ses produits clés, une organisation des ventes renforcée et des fonctions centrales remaniées". Cité dans le communiqué, Ben Verwaayen, directeur général, déclare : "un comité exécutif réduit supervisera ce modèle opérationnel simplifié, et un directeur des opérations est nommé pour suivre la réalisation des améliorations opérationnelles"

Alors que les représentants de l’entreprise ont rencontré la semaine dernière par le ministre du Redressement productif, cette organisation pourrait bel et bien signifier un rôle de la France plus faible au sein du groupe. L’Hexagone serait plus qu’un bureau parmi d’autres, chapoté par une organisation transverse.

Et parmi les objectifs de cette réorganisation, certains éléments peuvent faire craindre un moindre engagement en Europe en général. Ainsi, la concentration "sur les clients et marchés profitables à travers le monde". L’Amérique du Nord et l’Asie, par exemple, mais pas l’Europe. La Chine fait d’ailleurs l’objet d’une attention particulière en nommant un responsable de la transformation et du développement de ses activités commerciales sur place au sein Alcatel-Lucent Shanghai Bell.

Côté offre, l’ensemble des divisions produits demeurent (cœur de réseau, réseaux fixes, réseaux mobiles et plates-formes) mais sont désormais regroupées dans la même entité "réseaux et plates-formes", rapprochant produits et services.

Une réorganisation de mauvais augure pour la France

"La simplification de l’organisation était nécessaire, estime François Schmets délégué syndical central CFE-CGC Alcatel-Lucent France. Mais elle est de mauvais augure pour la France. Le nouveau patron des ventes, Robert Vrij, par exemple, était à la tête de la région Amérique".  Or, pour le syndicaliste, l’activité d’Alcatel-Lucent dans la région Europe, Moyen-Orient, Afrique n’a rien à voir avec celle des USA.

Elle compte un grand nombre de pays très différents les uns des autres et beaucoup de petits opérateurs télécoms. François Schmets s’inquiète aussi de la nomination du britannique Stephen Carter qui doit mener à bien le 'Programme Performance' de transformation de l’entreprise et a, selon lui, "une vision ultra-libérale de l’économie".

Cette réorganisation intervient après la perte opérationnelle du 2e trimestre. L’entreprise avait par ailleurs dû renoncer à atteindre en 2012 une marge d’exploitation supérieure à celle de 2011 (3,9%) comme il l’avait annoncé, ce qui lui avait valu de plonger en bourse. De mauvais résultats qui ont conduit l’équipementier) à annoncer en juillet 5 000 suppressions d’emplois dans le monde.

Lors de la présentation de la réorganisation aux salariés, la direction générale a précisé que la répartition par pays des suppressions de postes serait dévoilée le 15 octobre. Elle a par ailleurs ajouté que les managers seraient davantage touchés que les salariés de base.

Seules nouvelles rassurantes pour la France et ses Bell Labs, la R&D francilienne de l’équipementier. L’entreprise veut maintenir sa "forte capacité d’innovation avec un investissement en R&D soutenu" et "gérer le portefeuille de brevets comme un centre de profits dédié".

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