Les chiffres de l’Insee sur l’état de l’économie française ont été publiés le 18 juin. Si un secteur tire son épingle du jeu, c’est bien celui des énergies renouvelables.
L’économie dite "verte", générée par les entreprises qui produisent des biens et services contribuant à éviter, réduire ou supprimer des nuisances pour l'environnement, se portait bien mieux que les autres branches entre 2009 et 2010. Pour preuve : une hausse de 4,5 % des effectifs dans les éco-activités, contre 0,1 % dans l'ensemble des secteurs, selon la dernière analyse de l'Insee sur l'économie française.
Côté création d’emplois, la palme d’or est attribuée au secteur des énergies renouvelables avec une hausse de 19 % des effectifs entre 2009 et 2010. "Ces chiffres corroborent les tendances que nous avons observées, à savoir une forte hausse de l’activité dans les renouvelables", assure Damien Mathon, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables.
"L’effet de bulle constaté il y a trois, quatre ans faisait suite à l’emballement mondial pour les énergies vertes. Il faut relativiser : l’éclatement de cette bulle généré par le moratoire gouvernemental de décembre 2010 sur le photovoltaïque a déclenché une crise dans le secteur", temporise-t-il.
Si les analyses de l’Insee mettent l’accent sur la vitalité de l’économie verte, les perspectives sont à minimiser : "Suite à la crise de surproduction mondiale dans le photovoltaïque, les fabricants ont beaucoup souffert. L’avenir du secteur n’est pas sinistré : avec la baisse progressive des prix, la filière va devenir compétitive et se stabiliser. 2012 ne sera pas forcément une bonne année car les mécanismes de relance envisagés par la nouvelle ministre de l’Environnement n’ont pas encore été instaurés. Mais c’est une filière qui avance rapidement, et continue de générer 15 à 20 000 emplois en France", commente Damien Mathon.
Et dans l'éolien ?
Concernant l’éolien, même son de cloche pour le Syndicat : "C’est une filière créatrice d’emplois car il y a très peu d’automatisation et beaucoup de main d’œuvre. Mais 2012 sera vraisemblablement une année noire pour l’éolien, à cause d’une complexification du marché réglementaire qui a freiné les investissements. Les signaux gouvernementaux sont positifs, les 10 000 emplois du secteur aujourd’hui devraient perdurer voire s'étoffer".
L’Insee avance le nombre de 959 500 emplois en France en 2009 dans le secteur de l'économie verte. Si les filières des énergies renouvelables ont depuis subi une stagnation de leur activité, pour Damien Mathon, le photovoltaïque a une carte à jouer dans l’avenir : "Il va falloir créer des filières industrielles. Le gouvernement ne devra pas simplement développer les aides pour accroître la demande, mais également soutenir l’offre industrielle, via des appels à manifestation d’intérêt (AMI)".
Les objectifs de maîtrise de l’énergie fixés par le Grenelle de l’environnement fournissent de bonnes perspectives de développement pour les filières énergies renouvelables à court et moyen terme. Pour arriver à une maturité du secteur en 2020 ?









