ANALYSE Conséquence de la fausse affaire d'espionnage qui a touché Renault en ce début d'année 2011, Patrice Pélata n'est plus le numéro 2 du constructeur automobile depuis avril dernier. Son remplacement reste encore à préciser aujourd'hui. Et l'Etat français, actionnaire à 15%, semble espérer maintenant un changement clair au sein du groupe.
"Le ministre (de l'industrie, ndlr) veut voir Renault s'inscrire dans une réelle perspective de croissance, avec une stratégie industrielle qui correspondent aux attentes du gouvernement", indique-t-on dans l'entourage d'Eric Besson, ministre de l'Industrie. Derrière ce message, quelles sont les attentes ? Difficile d'en savoir plus. Mais le fait nouveau, c'est que les pouvoirs publics ont la ferme intention de s'impliquer dans le dossier Renault. Ce qui n'était pas forcément le cas ces derniers mois.
De sources proches du dossier, on estime que Renault avait été un peu mis de côté par rapport à Nissan, au sein de l'alliance ces derniers temps. Le gouvernement souhaiterait donc que la place du constructeur français soit revue, et qu'il renforce sa position en Chine par exemple, pays à forte croissance où Nissan est bien implanté alors que son partenaire n'y est quasiment pas.
L'affaire d'espionnage, et les dysfonctionnements internes qu'elle a révélés, donnent à Renault l'occasion de revoir son organisation interne, et à l'Etat de reprendre un peu la main en tentant d'influer sur le nouvel organigramme de la direction… Une chose paraît sûre : le successeur de Patrick Pélata n'aura pas le titre de directeur général délégué mais sera un véritable directeur général, pourquoi pas nommé par le conseil d'administration. C'est du moins ce que souhaiterait le ministre. Eric Besson aurait été clair sur ce sujet avec Carlos Ghosn PDG de Renault : ce dernier devra lâcher du lest au remplaçant de Patrick Pélata, lui laisser les mains plus libres.
Carlos Tavares, directeur de la zone Amériques de Nissan, et qui fait figure de favori pour succéder à Patrick Pélata, a bien été reçu par Eric Besson. Aucune information n'a filtré quant aux entretiens avec d'autres candidats potentiels qui auraient pu avoir lieu au ministère à ce sujet.
Et si Eric Besson s'attache à être partie prenante sur la stratégie industrielle du constructeur, c'est plus en tant que ministre chargé de l'industrie, soucieux de voir prospérer un fleuron de l'industrie française, que comme actionnaire majoritaire (l'Etat possède 15% des actions de Renault), croit savoir une source interne.
En parallèle, la répartition du capital entre Renault et Nissan semble avoir été évoquée, mais elle ne constitue pas, pour l'instant, le cœur des discussions.
Du côté du cabinet du ministre, on ne donne aucune indication en termes de calendrier. Les discussions pourraient aboutir "dans les prochaines semaines ou les prochains mois"...









