Renault : le cash flow passe à la vitesse supérieure
Le 30 juillet 2010 par Yann Le Houelleur
La marque au Losange affiche des résultats qui semblent couronner une politique de réduction des coûts sévère démarrée il y a deux ans. Au premier semestre 2010, les ventes mondiales ont progressé de près de 22 %.
La route aura été un peu longue, dans un monde où chaque minute compte, mais les efforts entrepris ont porté leurs fruits. Renault a atteint l’objectif qu’il s’était fixé lorsque la crise financière internationale avait pris son funeste élan : un flux de trésorerie libre, de manière à se ménager la marge de manœuvre nécessaire au développement et aux investissements.
Ce qu’on appelle plus communément «free cash flow positif» atteignait 1,4 milliard d’euros au premier semestre 2010. Pour mémoire, rappelle-t-on à la direction des relations presse du constructeur, ce paramètre avait correspondu à 848 millions d’euros au premier semestre 2009. Renault avait touché le creux de la vague en 2008. Cette année-là, son cash flow était négatif de 3 milliards d’euros. Les voyants rouges s’étaient alors allumés.
Le chiffre d’affaires de Renault pendant les six premiers mois de 2010 s’est élevé à 19,67 milliards d’euros et le résultat net a foncé vers les 823 millions d’euros (contre – 2,7 millions d’euros au premier semestre 2010). La contribution des entreprises associées dans le CA du groupe s’est nettement améliorée, à commencer par Nissan. Le Français détient 44,3 % de son partenaire japonais, lequel a annoncé, le 29 juillet, des profits massifs au terme du premier trimestre de son exercice budgétaire. (Bénéfice net de 1,46 milliard d’euros)
Autre triomphe affiché par le groupe: un fort ralentissement de son endettement : il se situe actuellement à 4,6 milliards d’euros, après avoir crevé le plafond des 7 milliards d'euros un an plus tôt.
France : part de marché de 28,5 %
De telles performances ont été annoncées le vendredi 30 juillet 2010, à l’occasion de la présentation des résultats financiers semestriels de Renault. Tout semble rouler, à première vue; à commencer par les ventes du groupe, en hausse de 21,7 % dans l’ensemble des pays où scintille le losange jaune.
Au premier semestre 2010, Renault a écoulé près de 1,35 million de voitures, dont 898.000 dans le périmètre européen. Si la branche automobile se porte bien, l’autre branche du groupe, RCI Banque, s’avère florissante, avec un produit net bancaire de 5,75 %, qu’une responsable de la communication qualifie d’«exceptionnel».
Pour en arriver là, Renault, sous la houlette de l’énergique Carlos Ghosn, a dû consentir maints sacrifices, que reflète ce chiffre : les coûts fixe ont fait marche arrière de 8 % entre le second semestre 2009 et la même période en 2010.
Le second semestre sera peut-être sombre
Est-ce vraiment, pour autant, la sortie de crise? Patrick Pelata, directeur général du groupe, s’est dit «confiant sur les ventes au troisième trimestre», notamment en France. Dans l’Hexagone, la part de marché du Losange s’établit désormais à 28,5 %, en progression de 3,4 % par rapport à 2009, contre une part de 14,5 % pour son principal concurrent, à savoir PSA Peugeot-Citroën.
Par contre, les dirigeants du groupe au Losange s’attendent à un scénario peut-être sombre à la fin 2010, à cause d’une baisse du marché européen qu’ils estiment à 7 % au minimum sur l'ensemble du second semestre. Au pire, suggèrent-ils, les ventes de voitures sur le Vieux continent pourraient s’effondrer de 9 %.

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