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Renault entame sa réorganisation industrielle

Par Barbara Leblanc - Publié le

Carlos Ghosn ne présentera son nouveau plan stratégique pour Renault qu’en février 2011, mais les changements industriels s’opèrent déjà.

Une nouvelle définition de la politique industrielle de Renault doit être annoncée par son patron Carlos Ghosn en février 2011. L’occasion de redéfinir la spécificité des sites français du groupe, qu’il s’est engagé à ne pas fermer au moment de la crise économique.

Deux sites devraient être particulièrement concernés : Sandouville et Douai. Deux sites pour la production des futurs véhicules haut de gamme, l’Espace et la Laguna. La décision n’est pas encore prise sur le futur lieu de production de ces deux modèles. Le groupe n’a pas tranché. Et ne devrait pas le faire avant plusieurs mois. Mais le groupe assure déjà que le site de Sandouville devrait avoir une nouvelle spécialité dans les prochaines années : le véhicule utilitaire. « Peu importe où les prochaines versions de la Laguna et de l’Espace seront produits. Sandouville a un avenir grâce à un futur véhicule utilitaire, qui assurera la pérennité du site à lui seul », explique le porte-parole du groupe. Ce véhicule devrait être produit à Sandouville dès 2012 pour une commercialisation en 2013. « Les premiers travaux d’aménagement du site débuteront le 17 décembre pour un mois, précise le syndicat CGT. Puis une seconde phase aura lieu en juillet / août ». 

Négociations avec Nissan et Opel

Pour l’heure, le groupe ne donne pas davantage de détails sur le véhicule, puisque des négociations sont en cours avec d’autres constructeurs comme Nissan et Opel. Ces derniers pourraient rapatrier leurs productions de véhicules utilitaires sur le site, comme l’explique la CGT Renault de Sandouville : « nous avons bon espoir d’assurer la production d’Opel, car l’accord entre lui et Renault vient d’être renouvelé. Nous aurons peut-être même le Vito de Mercedes ».  Dans le détail, Renault doit relocaliser la production du remplaçant du Trafic, assemblé en Espagne sur un site Nissan et en Grande-Bretagne sur un site Opel. Mais pour gonfler la production de Sandouville, Renault aimerait convaincre ses partenaires de venir produire leurs utilitaires Vivaro et Primastar en France. Soit une production espérée de 180 000 unités environ.

Argument economique

 Si une telle négociation aboutit comme le désire Renault, cela faciliterait le transfert de la production de la Laguna et de l’Espace. Une transition qui pourrait se faire plus en douceur, car le groupe assure que durant un laps de temps encore non défini, le site de Sandouville abritera la production du futur véhicule utilitaire en plus de celle des versions actuelles des Laguna et Espace. « Ces deux modèles ont encore de belles années devant eux », explique le porte-parole du groupe. 

Pour autant, Patrick Pélata avait laissé entendre que la plateforme de Sandouville n’était pas assez rentable et ne permettait pas une production d’un million d’unités par an, à l’instar de ses concurrents. « C’est un argument économique, mais dans la réalité qu’il nous montre une plateforme qui sort un million de véhicules haut de gamme par an », lance le porte-parole de la CGT à Sandouville. D’après le syndicat, le site de Sandouville pourrait accueillir la production de l’Espace et de l’utilitaire sur une chaîne en mono flux après quelques travaux sur le site. Ce qui permettrait le maintien de toute la production à Sandouville.

En attendant février 2011

Chez Renault, on assure que le choix du site de production n’a pas été pris et qu’il ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois. « C’est certain qu’avant l’annonce du plan de Carlos Ghosn prévu en février, rien ne va filtrer », explique le porte-parole CGT.  Pour autant, le groupe prépare déjà une plate-forme commune avec Nissan, qui permettra de sortir un volume de 1,5 millions de voitures par an, selon les propos de Patrick Pelata en octobre. Soit un chiffre supérieur aux plateformes des concurrents de l’Alliance, estimé par cette dernière à un million d’unités maximum.

Quant aux autres sites, leur spécialisation apparait déjà à travers les annonces officielles des derniers mois. Le site de Flins deviendra par exemple le cœur du véhicule électrique, alors que celui de Maubeuge restera  le berceau du Kangoo. « Notre stratégie industrielle est en perpétuelle évolution, assure le porte-parole du groupe. Notre enjeu est de produire des véhicules à forte valeur ajoutée en France et de le faire au plus près des marchés porteurs ». 

 

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