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Renault devient plus international que PSA

Par Barbara Leblanc - Publié le
Usine Brésil
© Renault

  Il y a encore huit mois, tous les analystes pariaient sur PSA plutôt que Renault pour l’année 2011, alors affecté par une affaire d’espionnage présumé. Mais la marque au losange performe sur l’ensemble de ses segments et affiche une croissance importante par rapport à son concurrent.

A l’occasion de la présentation de ses résultats le 27 octobre, Renault affiche une progression de son chiffre d’affaires de 11,9% au troisième trimestre, à 9,74 milliards d’euros, dont 9,3 milliards pour sa seule branche automobile (+12%). Une performance due en partie à un nouveau record de ventes dans le monde, avec 632 500 unités écoulées. Les ventes progressent donc de 6,7% sur un marché mondial en hausse de 3,7%.

Par comparaison, son homologue PSA Peugeot Citroën annonce des ventes mondiales en retrait de 4,5% (hors éléments détachés), à 787 917 unités. Sa branche automobile accuse une chute de 3,5% par rapport au troisième trimestre 2010.

Cet écart entre les deux constructeurs tient notamment à un effet volume, en hausse de 8,5% chez Renault contre une chute de 6% chez PSA, selon Florent Couvreur, analyste chez CM-CIC Securities. Cet effet s’explique par  une décroissance limitée de Renault en Europe (-4%) alors que PSA plonge de -11%.

Sur le marché européen, le constructeur Renault justifie sa légère chute par les difficultés d’approvisionnement sur un moteur diesel connues durant l’année. "Mais au regard des ventes du mois de septembre, les problèmes semblent réglés", selon Jérôme Stoll, directeur commercial.

Axé sur le Brésil et la Russie

"L’effet le plus marquant se situe dans la performance de Renault à l’international qui surperforme de façon exceptionnelle les différents marchés (+21,9%) alors que PSA est seulement à +8%, constate Florent Couvreur. De ce fait, Renault devient plus international que PSA."

Toutes les régions à l’international profitent à l’expansion du groupe, notamment sur les marchés brésiliens et russe où il est fortement présent. A l’inverse, les experts estiment que PSA est trop exposé aux marchés en difficulté, comme l’Italie ou l’Espagne. "Si l'on retranche les ventes en Chine et en Iran qui ne contribuent pas ou peu au CA et au résultat opérationnel, PSA est le groupe le plus euro centré, là où la croissance est la plus faible", commente François Maury, expert chez Oddo Securities.

Difference de mix produit

Renault profite aussi à plein du positionnement de sa marque low cost dans les pays à bas coûts. Dacia se taille un franc succès au Brésil, deuxième marché du groupe avec un bond de 34% des ventes de la citadine Sandero.  En Russie, Renault enregistre un doublement des ventes de Sandero et une hausse de 37% pour la berline Logan.

Son expansion dans ces deux pays pourrait même s’accroître encore, le groupe comptant sur le lancement de nouveaux produits, comme le 4x4 Duster. "Le Duster devrait être un formidable outil de conquête quand il sera lancé d’ici à la fin de l’année au Brésil, Argentine, Russie et en Inde, souligne Florent Couvreur. Je pense que ce produit convient par excellence à ce type de marché : peu cher, robuste, 4x4, pour un design intéressant."

Un positionnement que son concurrent français n’a pas choisi. PSA n’a pas joué la carte du low cost et voit son positionnement commercial trop basé sur les véhicules de milieu de gamme. Il est aussi certes monté en gamme avec notamment la DS ou le RCZ, mais ces ventes Premium ne représentent encore que 17% du chiffre d’affaires. Soit pas assez pour jouer dans la cour des BMW ou autres marques allemandes aux marges rentables.

Aucun pronostic pour 201

S’appuyant sur ses résultats du troisième trimestre, le groupe Renault se veut même rassurant sur les prochains mois et malgré les incertitudes macro économiques. Elles n’auraient, selon le directeur financier Dominique Thormann, "eu aucune incidence notable sur la demande d’automobiles". Le groupe voit le marché français en baisse de 3% pour l’année 2011 avec un marché mondial en hausse de 3%.

De quoi permettre à Renault de confirmer son objectif de réaliser des ventes et un chiffre d’affaires en 2011 supérieurs à ceux de 2010. Mais pour 2012, le constructeur se refuse à tout pronostic, évoquant avant tout le lancement de la production dans la nouvelle usine de Tanger de trois modèles dérivés de la plateforme Dacia.

Une attitude qui là encore tranche avec celle de PSA, qui a abaissé mercredi ses prévisions annuelles et a annoncé pour 2012 de nouvelles mesures d'économies qui vont se traduire par des suppressions de postes.

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