imprimer

Renault, c'est lui !

Par Thibaut de Jaegher - Publié le
Thibaut de Jaegher, rédacteur en chef
© DR

Il aura fallu un an, une crise interne, une vraie-fausse affaire d'espionnage et la pression du premier actionnaire (l’Etat français) pour qu'il revienne à la tête du losange. Ce n’est qu’un juste retour des choses : c’est quand même grâce à Renault qu'il est devenu le patron français le plus connu au monde.

 « Renault, c'est moi ! » Pour ceux qui auraient pu en douter, Carlos Ghosn a rappelé qu'il était bien le seul maître à bord de la marque au losange. Nouveau dispositif communication (avec une ancienne de L'Usine Nouvelle à un poste clé), nouveau bras droit en la personne de Mouna Sepehri, nouveau service sécurité, chaine de décision raccourcie… Le patron franco-libanais a dévoilé ces derniers jours la nouvelle organisation qui doit lui permettre de reprendre en main le constructeur. Le numéro deux du groupe, Carlos Tavares, n’étant, dans ce nouveau jeu, qu’un directeur parmi d’autres. « Il a toute l’autonomie nécessaire à sa fonction », a tranché le PDG.
 
Carlos Ghosn revient de loin. Il y a presqu'un an, L'Usine Nouvelle révélait le malaise Renault. Dans une enquête fouillée et chiffrée, nos journalistes démontraient comment, de manière insidieuse, la marque au losange était devenue le parent pauvre de l'alliance avec Nissan. Notre dossier démontrait aussi comment Carlos Ghosn avait peu à peu déserté ses responsabilités chez Renault. En résumé : il préférait passer du temps à Tokyo plutôt qu'à Billancourt.Il aura fallu un an, une crise interne, une vraie-fausse affaire d'espionnage et la pression du premier actionnaire (l’Etat français) pour qu'il revienne à la tête du losange. Ce n’est qu’un juste retour des choses : c’est quand même grâce à Renault qu'il est devenu le patron français le plus connu au monde.
 
Le premier acte de ce retour semble gagnant. En tout cas, sur le plan de la communication. Mais il est loin d'être suffisant en soi. Le plus dur reste à faire pour Carlos Ghosn : réussir à réveiller Renault. Pour cela, il devra sans doute réviser le plan de route arrêté en février dernier, par Patrick Pelata, alors directeur général délégué du losange. Les équipes de Renault en ont besoin pour retrouver un sens, une direction vers laquelle se tourner, pour laquelle travailler. On s'en doutait un peu mais la voiture électrique ne semble pas pouvoir tenir seule le rôle de projet d'entreprise. Et cela, même si elle n'a désormais qu'un seul pilote derrière son volant.
 
 

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter