Relocaliser pour ne pas être copié, l'exemple AEML
Par Mirel Scherer - Publié le
Les opportunités du gigantesque marché chinois séduisent de nombreuses entreprises. A condition toutefois d’éviter la copie de ses produits, une mésaventure fréquente en Chine. Récit d'une contre-attaque, celle des Ateliers électriques et métallurgiques du Loiret.
Société coopérative ouvrière de production, située à Meung-sur-Loire (Loiret), les Ateliers électriques et métallurgiques du Loiret ont trouvé la parade. AEML, concepteur et fabricant de matériels pour la préparation des teintes en carrosserie automobile et pour l’industrie ainsi que des articles métalliques de fixation pour le BTP, a inventé un collier de fixation de plomberie à clips. Malheureusement, le brevet de cette fixation, appelée Atlas, est tombé dans le domaine public.
Fabriqué à Shanghai en Chine, par sa filiale de distribution Plombelec, le collier ne cesse d’être copié. L’entreprise décide alors de rapatrier une partie de sa production chinoise dans son usine du Loiret. Et de développer une nouvelle fixation dont la conception serait protégée par un brevet et dont la fabrication pourrait se faire en France. Encore fallait-il trouver comment les produire à Meung-sur-Loire à des prix aussi compétitifs qu’en Chine.
Les services R&D et Méthodes de l’entreprise se sont attelés à la tâche. Ils ont conçu un tout nouveau collier pour lequel AEML a reçu en 2010 le Trophée régional de l’innovation délivré par l’Institut national de la projeté industrielle (Inpi) et dont la ligne de production devrait être opérationnelle d’ici à la fin 2011.
Les vis ont été remplacées par un clip. Le métal utilisé est un acier déjà traité contre la corrosion et auto lubrifié. "Nous gagnons sur plusieurs tableaux, constate Alain Krzywdziak, responsable du département R&D d’AEML. Plus facile et rapide à installer, notre nouveau collier est aussi moins cher à produire."
En Chine, la fixation est traitée contre la corrosion en fin de ligne et les machines travaillent sous lubrification, ce qui oblige à dégraisser les colliers avant leur mise en sachet. L’utilisation d’un acier doux électro-zingué revêtu d’un film spécial permet de s’affranchir de la lubrification, du traitement de surface et du dégraissage. Mais, à raison de plus de 100 coups par minute sur les presses d’emboutissage, la résistance du matériau retenu n’était pas établie.
"Nous avons fait appel aux spécialistes du Centre technique des industries mécaniques (Cetim) pour nous aider à trouver la matière la plus appropriée pour notre nouvelle fixation, explique Didier Ozon, responsable du bureau de méthodes d’AEML. Notre choix s’est porté sur un acier DC01. Mais il s’est avéré qu’on prenait un risque certain avec la montée en cadence."
La simulation numérique effectuée avec les outils du Cetim a validé l’acier DC03, moins cher que le DC04 et plus performant que le DCO1. De plus, AEML a bénéficié d'un accompagnement complet du Cetim pour l'amélioration et la validation de la gamme de production.

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