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Rejets d'iode radioactif : le nucléaire médical pourrait être en cause

Par Astrid Gouzik - Publié le
Radioactivité
© Mr Tea - Flickr - C.C.

Des traces d’iode-131 ont été détectées dans le nord de la France et en région parisienne, en provenance d’un pays étranger. Ces mystérieux rejets sont trop faibles pour constituer un danger, mais l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) appelle le responsable à se dénoncer.

Début novembre, la République tchèque détecte des traces d’iode-131 dans l’atmosphère. Peu après, ses pays voisins, la Pologne, l’Autriche, et la Slovaquie constatent la même contamination. Le 11 novembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lance l’alerte.

En France, c’est surtout le nord qui est touché. Mais pas de panique. L’IRSN explique que les taux sont extrêmement faibles. Ce vent d’iode radioactif est donc inoffensif… mais inexpliqué pour le moment.

En effet, l’iode-131 est habituellement totalement absent de l’atmosphère. Il peut être généré soit par les centrales nucléaires, soit par  une installation de médecine nucléaire. Le secteur médical utilise en effet cet élément chimique pour la radiothérapie. Cette piste est d’autant plus plausible que le cas s’est déjà présenté à Fleurus en Belgique en 2008. Le gouvernement belge avait averti les riverains d'un laboratoire médical des risques de contamination nucléaire après une fuite d'iode radioactif. L'incident avait été classé "niveau 3". 

"On ne peut pas non plus exclure un rejet de type malveillant" même si "ce n'est pas la voie la plus probable", assure Didier Champion, directeur de l’environnement et de l’intervention à l’IRSN.

Europe centrale plutôt que Fukushima

Immédiatement, les regards se tournent vers la centrale Daiishi de Fukushima, touché par le séisme et le tsunami de mars 2011 au Japon. Pourtant, le drame nippon "n’est pas en cause" assure l’AIEA dans un communiqué. "On a regardé les trajectoires de l'air et ça aurait dû être détecté en Amérique du Nord si ça s'était produit au Japon, donc cette piste est exclue aujourd'hui", explique Didier Champion.

Les investigations ont donc commencé. Ces rejets proviennent-ils de Hongrie, de Slovénie ou de République tchèque ? Difficile à déterminer dans la mesure où les trois pays disposent d’installations nucléaires. "L'idéal c'est que le pays où s'est produit le rejet déclare l'événement", comment Didier Champion.

Si le coupable ne se dénonce pas, les différents pays touchés devront mettre en commun leurs analyses afin de retracer le parcours des masses d’air polluée… mais cela devrait prendre quelques semaines.

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