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« Regagner la confiance prend du temps »

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Enquête Le 3 juin, le Premier ministre Manuel Valls recevra les organisations syndicales pour examiner les freins à l’emploi dans les TPE et les PME. Et le 9 juin, le président de la République annoncera les mesures. François?Asselin, le nouveau président de la CGPME depuis quatre?mois, réclame un allégement des contraintes pesant sur?les entreprises, qu’il s’agisse des obligations de sécurité, des contrats de travail ou, évidemment, de la pénibilité.

« Regagner la confiance prend du temps »
Le président de la CGPME François Asselin livre ses priorités pour lever les freins à l’emploi dans les TPE et les PME.

Qu’attendez-vous de la conférence sur l’emploi dans les TPE et les PME ?

Les chefs d’entreprise sont des pragmatiques. Ils ont besoin de preuves et attendent des gestes concrets. Nous sortons de quatre ans de traumatisme profond, durant lesquels le tissu économique français a été très secoué. Les entreprises ont subi un choc de fiscalité considérable, que le gouvernement essaie de rattraper avec le pacte de responsabilité. Les règles du jeu n’ont pas arrêté de changer, une méfiance naturelle s’est installée. Regagner la confiance prendra du temps. Le problème de la pénibilité est un frein majeur ! Nous ne voulons pas du suivi individuel de l’exposition à la pénibilité, trop complexe. Nous réclamons des modes d’emploi par branches ou métiers. Pour avoir le temps de les travailler, nous demandons un report d’un an de l’entrée en vigueur des six?derniers critères de pénibilité, au 1er?janvier 2017. Si cette réforme est inapplicable sur le terrain, beaucoup de chefs d’entreprise seront hors la loi. La mission Sirugue – Huot – de Virville a rendu ses conclusions de façon anticipée le 26 mai. La position de la CGPME n’est sans doute pas étrangère à cette accélération du calendrier…

Faut-il encore alléger le coût du travail, aller au-delà du pacte de responsabilité et du Cice ?

Le pacte de responsabilité a mis en route une?baisse du coût du travail. C’est très bien, mais largement insuffisant. Fin 2017, la pression fiscale sur les entreprises sera revenue à son niveau de 2010. On n’aura fait que rattraper. En 2017, plutôt que de rediscuter du pacte de responsabilité, la CGPME propose de tout remettre à plat. D’ici à la fin de l’année, nous travaillerons avec nos branches et nos territoires sur l’environnement économique rêvé des PME. Cette doctrine économique s’ajoutera à notre doctrine sociale. Il faut repartir de zéro, sur une base à partir de laquelle on pourra rebâtir l’environnement économique. Parmi nos propositions, nous souhaitons par exemple qu’une?entreprise engagée dans une?démarche vertueuse de RSE puisse bénéficier d’une?ristourne de 1 % sur sa masse salariale ! Les freins à l’emploi ne sont pas que financiers. Durant ma campagne pour la présidence de la CGPME, j’ai rencontré des chefs d’entreprise qui m’affirmaient que même à zéro charge, ils ne voulaient plus embaucher. C’est terrible !

Pour quelles raisons ?

Tout le monde le dit, même le gouvernement : « Plus c’est dur à la sortie, plus c’est dur à l’entrée. » Pour relancer les embauches, il faut donc sécuriser les ruptures du contrat de travail. Nous sommes favorables à un barème, plafonné, des dommages et intérêts versés à un salarié en cas de litige devant les prud’hommes. Nous avons obtenu des assurances du gouvernement sur ce point. Cette réforme pourra vite être mise en place par la loi Macron. Autre piste : raccourcir les délais de contestation d’un licenciement à six mois au lieu de trois ans. Nous proposons également un nouveau type de contrat de travail, le contrat de croissance. Ce CDI lié aux résultats économiques de l’entreprise serait automatiquement rompu si ceux-ci ne sont pas atteints. Mais le gouvernement ne veut pas réformer le CDI… Nous pouvons aussi assouplir les CDD, doubler leur durée et autoriser plus de renouvellements. Ce qui freine l’emploi, c’est aussi la complexité liée au statut de salarié. Dans beaucoup de branches professionnelles, dans l’industrie par exemple, il y a tellement de contraintes et d’obligations, notamment en termes de formation à la sécurité, que les chefs d’entreprise n’y arrivent pas et sont hors la loi.

Comment se passe la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle ?

C’est catastrophique ! La formation dans les PME est en train de s’effondrer. Les entreprises ne bénéficient plus de la mutualisation des fonds qui leur permettait de financer leurs actions de formation au-delà de ce qu’elles avaient cotisé. Celles qui n’ont pas les moyens de former leurs salariés ne le font plus du tout, alors que c’est justement par la formation qu’elles pourraient rebondir. Le compte personnel de formation, lui, remet au salarié la responsabilité de sa formation. Ce n’est pas idiot, mais attention, ce sont souvent les mieux formés qui se préoccupent de leur employabilité…

Beaucoup de chefs d’entreprise se montrent critiques avec les organisations patronales. Comment regagner leur confiance ?

Les organisations patronales ont parfois été complices de la complexité administrative imposée aux entreprises, en signant certains accords. C’était une erreur. La CGPME n’a pas signé la réforme sur la formation professionnelle, qui impose des entretiens individuels réguliers. Et elle a lutté contre celle sur le dialogue social, qui instaure des commissions régionales paritaires. Quand le gouvernement propose une négociation sur un sujet qui va à l’encontre des intérêts des PME, nous ne devons pas y participer. Ce n’est pas grave de ne pas être d’accord.

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