C'est une liste de doléances qui semble sans fin. PSA, Doux, Bouygues, SFR, Sanofi... Il ne se passe pas un jour sans que le ministre du redressement productif soit interpellé par les salariés d'un secteur, d'un groupe ou d'une usine. Ce qu'ils attendent de lui ? Qu'il vole à leur secours, qu'il sauvegarde leurs emplois, qu'il se dresse face à leurs patrons voyous. Avocat de formation, Arnaud Montebourg pourrait tout à fait se prêter à ce jeu mais il doit s'en garder s'il ne veut pas faire de son ministère une caserne de pompiers.
Le redressement productif dont il a la charge ne peut pas être seulement le ministère des usines malades. Il doit aussi devenir celui des nouvelles industries : le numérique, la santé, les greentechs. Je sais bien qu'en pleine crise avoir cette vision de long terme est difficile mais elle est indispensable. On ne redresse pas la production en sauvegardant seulement les industries du passé mais en pariant aussi sur celles qui ont un avenir.
Pour l'aider, Arnaud Montebourg pourrait créer une nouvelle cellule de veille. Aux cotés de son commando des sites en difficulté mis en place dès son arrivée, il pourrait lancer une cellule de veille des usines qui s'éveillent. Il pourrait aussi, dès la semaine prochaine, se plonger dans notre grande enquête dédiée aux entreprises qui investissent. La France de l'Industrie (c'est le nom de notre dossier spécial à paraître le 12 juillet), c'est un peu celle du redressement productif.









