Recrutement : Des signaux positifs
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le"Les entreprises, qui trouvent en interne les profils dont elles ont besoin à l'international, peuvent être amenées à renouveler leur vivier national. Leur mondialisation peut avoir un effet de domino. Elle ne se traduit pas seulement par des délocalisati
Oui, le recrutement repart. Les signes avant-coureurs sont là, comme l'indique notre enquête annuelle (lire page 57). Près d'une entreprise sur trois envisage au second semestre de 2004 de recruter davantage que l'an dernier à la même époque. Et plus d'un cabinet de recrutement sur deux a le sentiment d'une hausse des embauches d'ici à la fin de l'année. Les cadres peuvent s'en réjouir après trois ans de marasme. Mais avant de se décider à changer de job, ou tout simplement à pointer leur nez sur le marché de l'emploi, ils devront faire preuve de patience. La reprise se fera-t-elle plus franche d'ici à la fin de l'année comme semblent l'anticiper les cabinets de recrutement ? Ou au premier trimestre de 2005, comme l'indiquent plusieurs témoignages d'entreprise ? L'échéance est encore floue. Aujourd'hui, les signaux de dégel viennent plutôt des services à l'industrie que de l'industrie elle-même, et davantage des PME que des groupes, même si ceux-ci continuent, bien sûr, à recruter. Enfin, certaines fonctions comme les commerciaux ou les informaticiens sont concernées au premier chef par le redémarrage.Fait intéressant pointé par notre enquête : la mondialisation ne se traduit pas seulement par des suppressions de postes et des délocalisations. Elle offre des opportunités hors des frontières - en particulier sur les marchés émergents - et peut avoir un effet de domino : les entreprises qui trouvent en interne les profils dont elles ont besoin à l'international sont amenées à renouveler leur vivier national. Seulement voilà, l'importance du phénomène est difficilement quantifiable. Bien malin qui peut dire si la montée en puissance de la Chine ou des pays de l'Est détruit plus d'emplois qu'elle n'en suscite. Certes, les délocalisations échauffent les esprits. La semaine dernière, à Chartres, c'est sous la protection d'une compagnie de CRS et d'unités départementales de la police que s'est effectué le déménagement des lignes de production de l'équipementier Snappon, pour cause de délocalisation en République tchéque. De tels traumatismes se sont multipliés au cours des derniers mois. Pour autant, il est bien difficile de dresser un bilan. Bercy a tenté récemment de mesurer l'impact des transferts de ligne de production en vue de réimportation : ils ne représenteraient que 4 % des investissements français à l'international, ceux-ci restant consacrés, pour l'essentiel, à la conquête de marchés.
Sur ce sujet sensible, il serait sans doute utile de dresser un diagnostic " partagé " : Gérard Larcher, le ministre délégué aux Relations du Travail invite les partenaires sociaux à le faire. Ce souhait correspond à la volonté du Gouvernement de lutter contre les délocalisations par une politique fiscale ciblée. Le budget 2005 devrait y consacrer 1 milliard d'euros. D'ores et déjà, Bercy s'est engagé dans une logique du donnant-donnant avec les industriels. A condition de créer plusieurs centaines d'emplois (notamment via des sociétés de reconversion), le groupe Vivendi Universal s'est vu accorder le régime du bénéfice mondial consolidé et va ainsi pouvoir utiliser 3,8 milliards d'euros de crédits d'impôts. Un signal positif. Et favorable au recrutement.
Par Jean-Louis Marrou, rédacteur en chef

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