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Ravitailleurs : Louis Gallois «déçu et perplexe»

Par Rémy Maucourt - Publié le
Louis Gallois
© Reuters

Le Pentagone a tranché jeudi soir : EADS perd l'appel d'offre des avions ravitailleurs américains au profit de Boeing et de son 767. Le prix de l'offre européenne pour l'A330 militarisé était apparemment plus élevé. Réactions.

"On est déçu et perplexe. On s'interroge sur les raisons pour lesquelles on a perdu. Je crois que l'US Air Force a indiqué hier soir que c'était une question de prix." Le PDG d'EADS Louis Gallois a réagi sobrement, hier, à l'annonce de sa défaite. La décision concernant un éventuel appel n'a pas encore été prise.

EADS n'abandonne pas le marché américain

Pour autant, Louis Gallois affirme que cet échec ne met pas en cause la volonté d'EADS de s'installer aux Etats-Unis. "Nous avons perdu une occasion de 'business',dit-il. Il faut en trouver d'autres mais cela ne change pas la trajectoire de l'entreprise. Nous trouverons d'autres occasions."

Le groupe européen, particulièrement sensible aux variations de la parité euro/dollar, cherche à produire plus en zone dollar. Le contrat des ravitailleurs était pour lui l'occasion idéale pour s'implanter solidement aux Etats-Unis.

"Nous avons d'autres perspectives avec le Pentagone, notamment d'hélicoptères, et nous pouvons développer d'autres activités aux Etats-Unis dans le domaine de la sécurité, des services, de la défense", a précisé le PDG d'EADS.

Boeing a le triomphe modeste

"Nous sommes honorés d'avoir reçu la possibilité de construire le prochain ravitailleur", s'est félicité pour sa part Jim McNerney, le directeur général de Boeing. Pas de triomphalisme affiché donc, alors que le constructeur américain avait jusqu'alors développé une communication plutôt aggressive.

"En choisissant le ravitailleurs 'NewGen' de Boeing après un long et rigoureux processus d'appel d'offres, l'armée de l'Air a choisi un ravitailleur construit par des Américains et capable d'effectuer de multiples missions." Cette phrase du communiqué met en lumière un des arguments majeurs de Boeing : sa nationalité. Le nationalisme économique semble avoir beaucoup joué dans ce dossier. Jusqu'à la décision finale, des responsables politiques et militaires ont pris position publiquement pour Boeing, sur le thème de la sauvegarde des intérêts nationaux.

Mais aujourd'hui, Boeing a de quoi rester sobre dans la victoire. Le constructeur est déjà englué dans plusieurs problèmes industriels majeurs, comme la mise en service du 787 Dreamliner. Or le ravitailleur "NewGen" de Boeing devra être développé à partir d'un prototype avant d'équiper l'armée américaine. Une charge supplémentaire pour les ingénieurs de Seattle, qu'il va falloir savoir gérer.

 

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