Rapport Sartorius : les syndicats de PSA mitigés

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S’ils saluent la démarche et quelques arguments, les représentants syndicaux se montrent plus que réservés sur le travail de l’ingénieur Emmanuel Sartorius mandaté par Arnaud Montebourg.

"Ce rapport n’apporte rien de spécial. Nous avons juste l’impression que le gouvernement soutient les patrons, au détriment des ouvriers", lâche Brahim Loujahdii, représentant CFTC de l’usine d’Aulnay-sous-Bois. A quelques mètres, sa collègue Tanja Sussest est sur la même ligne. "Je suis déçue", souligne la déléguée du syndicat maison, le SIA. Le représentant CGT Jean-Pierre Mercier saisit la balle au bond : "Moi je ne suis pas déçu, je ne me faisais pas d’illusion !".

Concrètement, les syndicalistes présents mardi 11 septembre à Bercy n’ont pas eu le sentiment d’apprendre beaucoup sur la situation de PSA. Le SIA souligne surtout le revirement du ministre du Redressement productif en un été. "Arnaud Montebourg est un grand joueur de flûte. En juillet, il dit qu’il va empêcher la fermeture d’Aulnay et un mois après, les syndicats doivent être responsables et accepter la fermeture", s’emporte Tanja Sussest.

Poser des questions

Quelques éléments du rapport retiennent cependant leur attention, comme l’allusion aux 3 milliards d’euros de rachat d’action ou les erreurs de stratégie du groupe depuis plusieurs années. Mais ici encore, ils restent sur leur faim. "On nous parle d’erreurs de stratégie, mais de quelle stratégie parle-t-on ?", s’interroge le délégué central CFTC Franck Don.

Au-delà du travail mené par Emmanuel Sartorius, tous s’accordent sur la volonté de dialogue. Franck Don se félicite des échanges avec le ministre, Jean-Pierre Mercier loue l’organisation de réunions tripartite Etat-syndicats-direction annoncées par Arnaud Montebourg. "Ca nous permettra d’avoir la direction en face et de poser des questions", explique Brahim Loujahdii. Franck Don, lui aussi représentant CFTC, a déjà listé les interrogations : "Quelle est réellement la situation financière du groupe ? Comment traiter les problèmes sociaux ? Mais surtout, comment savoir si les 8000 suppressions de postes n’anticipent pas l’Alliance avec General Motors ?"

Rien de concret

Au final, le rapport comme la rencontre manquent de concrets. « Le rapport Sartorius ne préconise aucune solution de remplacement au plan d’économies présenté par PSA" pointe Anne Valleron. La déléguée syndicale centrale CFE-CGC aimerait surtout savoir quels sont les arguments du gouvernement pour peser sur PSA et renégocier les conditions du plan d’économies.

Aucun calendrier n’a pour le moment été fixé pour une prochaine rencontre entre le gouvernement et les salariés. Les représentants syndicaux se demandent si la direction de PSA acceptera le principe des réunions tripartites. Interrogé par L’Usine Nouvelle, PSA n’a pas repoussé l’idée de réunions tripartites et souligne sa volonté de dialogue.

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