Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Rapport du BEA : Airbus se défend

Publié le

Entretien Selon des informations des Echos publiées le 2 août, le dernier rapport du Bureau d’enquêtes et analyses (BEA) du 29 juillet sur le vol AF 447 aurait été censuré. Une révélation qui remet en cause la fiabilité de l’enquête, selon le syndicat des pilotes SNPL. L’Usine Nouvelle revient sur le rapport et ses derniers impacts avec Jacques Rocca, porte-parole chez Airbus.

Rapport du BEA : Airbus se défend © BEA

L'Usine Nouvelle - Que pensez vous de la polémique en cours sur la fiabilité de l’enquête du BEA, qui chercherait à protéger Airbus, selon certaines rumeurs ?
Jacques Rocca - Ce qui préoccupe le plus Airbus actuellement, ce n’est pas la polémique franco française sur le rapport du Bureau d’enquêtes et d’analyses. Ce qui nous inquiète, ce sont les questions de sécurité aérienne pour tous les avions du monde. Nous ne sommes pas surpris d’une telle polémique. Déjà dans les accidents aéronautiques survenus en France dans le passé, comme le crash du Mont Saint Odile, la théorie du complot avait été mise en avant. C’est une attitude qu’on ne retrouve qu’en France, c’est en cela que c’est étrange.

Un des éléments de l’avion, l’alarme de décrochage, aurait été mis en cause dans la première version du rapport du BEA. Que répond Airbus à cette attaque ?

Nous n’avons aucun autre retour d’expérience sur l’alarme de décrochage sur les 700 avions de ce type qui effectuent près de 14 000 vols par jour. Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un seul cas, qui de surcoît semble très exceptionnel. Habituellement, lorsqu’elle se déclenche, l’équipage réagit dans les deux à trois secondes qui suivent. Dans le rapport du BEA, il est précisé que le personnel n’est intervenu qu’au bout de 54 secondes. C’est du jamais vu. Ce qui démontre qu’il y a eu un incident ou quelque chose du genre. C’est donc sur ce point qu’il faut chercher à comprendre ce qui s’est passé. Et c’est ce que démontrera sûrement l’enquête du BEA. S’il y a des évolutions à faire, comme par le passé, Airbus les appliquera.

Justement, dans son rapport du 29 juillet, le BEA recommande entre autres l’installation d’un incidence-mètre dans les avions. Comment Airbus va-t-il procéder pour respecter cette recommandation ?

C’est un appareil que l’on trouve pour l’instant sur les avions militaires mais pas sur les avions civils. Cet instrument sert à indiquer au pilote le taux d’incidence, ou l’angle d’attaque de l’avion par rapport au flux d’air. C’est une indication supplémentaire pour identifier un décrochage par exemple. Quant à son application, elle passe par les autorités aériennes, comme l’agence européenne de sécurité aérienne (AESA) ou l’agence américaine (FAA). Elles réunissent alors tous les constructeurs pour établir des règles de changements ou d’installations d’équipements. Elles peuvent concerner seulement les futurs avions en construction mais aussi ceux qui sont déjà en service. Ce type de modifications est fréquent et n’entraîne pas d’enjeux économiques.

Le syndicat de pilotes SNPL souhaite se retirer de l’enquête du BEA. Quelle place Airbus a-t-il dans les investigations du bureau ?
Comme le syndicat des pilotes ou Air France, Airbus participe à l’enquête  en apportant aux autorités tous les élèments nécessaires pour permettre de répondre aux questions du BEA, notamment sur le fonctionnement des machines ou sur l’ergonomie du poste de pilotage.

Le BEA et le Spaf réagissent aussi à la polémique

Les réactions au rapport du BEA se mulitplient. Le directeur de l’enquête technique a récusé avoir subi une quelconque pression ou censure. Alain Bouillard explique sur RMC "que le rapport, c'est moi qui le rédige, avec mon équipe et qui le propose pour validation au directeur. Je n'ai jamais vu, je n'ai jamais connu un directeur qui m'ait censuré un rapport".
De son côté, le syndicat des pilotes d’Air France (Spaf) assure que pour Air France et Airbus, "charger les pilotes est la solution le plus intéressante". Il rejoint le syndicat SNPL et estime que "l’enquête à charge a fait perdre toute crédibilité au BEA dont l’indépendance est remise en cause par la parution de ce rapport d’étape".
 

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

05/08/2011 - 11h37 -

Je ne suis pas un spécialiste d’aviation et en plus un pauvre immigré. Je lis tous les messages des gents qui s’y connais avec intérêt. Mais je me pose toujours une question ; récapitulons : Pour voler un avion à besoin de se déplacer dans une fourchette de vitesse envers le medium qui l’enfourne : ici l’air. Pour rester dans cette fourchette il faut une certaine poussé qui dépend de la hauteur du vol. Il est physiquement impossible de voler en palier (altitude défini) si on est hors de cette fourchette de poussé. Il faut donc savoir à quelle altitude à quelle vitesse envers l’air environnant l’appareil se délasse, quelle était son cabrage (inclinaison de l’appareil pour savoir quand il y aurait décrochage) et quelle est la poussé des réacteurs (N1). Les valeurs de l‘altitude de vole, de cabrage et da la poussé étaient disponible au poste de pilotage et pour l’ordinateur de bord, seul valeur erroné était la valeur de la vitesse. Ma question : même si les tubes Pitot donnent une vitesse trop faible pour une altitude donnée et hors d’une altitude d’approche pour atterrir pour quoi l’ordinateur ne prend pas la main pour 1. Mettre l’avion en palier (diminuer le cabrage) 2. Mettre les gaz pour regler la poussé dans la fourchette nécessaire pour que l’avion vole ? (même un pilote voit à la position des manette quelle est la poussé des réacteurs. )
Répondre au commentaire

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus