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Raguet SA : encore un mois d’attente

Le 03 septembre 2010

Social

Les 114 salariés de Raguet SA à Bogny-sur-Meuse et à Monthermé (Ardennes), ont eu un mois pour réfléchir à leur avenir. Ils avaient en effet reçu une lettre recommandée adressée, à la veille de leurs départs en congés le 23 juillet dernier, par leur actuel PDG et l’administrateur judiciaire de l’entreprise, spécialisée dans la forge et l'estampage pour les marchés du matériel ferroviaire et des poids-lourds, en redressement judiciaire depuis le 5 février 2009
Depuis cette date, un plan social a déjà réduit les effectifs de 187 à 114 emplois.

Le 20 juillet dernier, un accord a été signé entre le syndicat CGT, majoritaire au comité d’entreprise, et le repreneur potentiel, la société Forgex France, basée à Nogent (Haute-Marne), aux termes duquel ce dernier s’engagerait à maintenir 85 postes.

Cet engagement suppose toutefois l’acceptation par les salariés de renoncer à divers accords d’entreprises portant notamment sur la suppression de jours de RTT, de plusieurs primes. Sont également prévus, une baisse de l’ordre de 8 % du salaire net annuel et le gel des salaires pendant deux ans.

Chaque salarié a du se manifester individuellement par courrier avant la date limite du 25 août fixée pour la réponse. A noter que l’absence de réponse emportera l’acceptation des nouvelles conditions de travail. Lors d’une nouvelle réunion du comité d’entreprise, le 2 septembre, un ultime délai, fixé au 7 septembre à 17h, a été donné aux salariés pour confirmer ou infirmer leurs intentions.

Minoritaire au sein de l’entreprise, le syndicat FO, estime que ce procédé, qui ressemble à celui mis en œuvre par le constructeur automobile GM à Strasbourg, s’apparente à un chantage à l’emploi. Ses représentants soulignent que le candidat à la reprise, est issu des Forges de la Ville à Nogent, qui a elle-même fait l’objet d’une procédure collective en 2007, et qu’il présente des résultats négatifs sur les trois derniers exercices. Ils s’interrogent sur sa capacité à pérenniser les emplois éventuellement repris.

Les résultats, rendus publics le 31 août à l’occasion de la venue de Dominique Lemaire, PDG de Forgex, sont mitigés. Un tiers des salariés se déclare en faveur du plan présenté par le repreneur, un autre tiers y est défavorable. Le dernier tiers ne se prononce pas.

Le candidat à la reprise a affiné son projet qui suppose la fermeture du site de Bogny-sur-Meuse et le renforcement de celui de Monthermé qui bénéficiera d’un investissement de 1,2 million d’euros sur trois ans pour y repositionner l’usinage et la soudure.

Le tribunal de commerce se prononcera sur ce dossier de reprise à la fin de ce mois de septembre.


De notre correspondant en Champagne-Ardenne, Pascal Ambrosi



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