Raffinerie de Dunkerque (Total) : décision reportée à l'été
Le 01 février 2010 par Ana LutzkyTotal a annoncé lundi qu'une décision définitive sur l'avenir de sa raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, devrait être prise d'ici à l’été. Après les régionales.
Le comité central d'entreprise a débouché sur un ajournement. La direction de Total y a annoncé qu'elle reportait « avant l'été », sa décision « définitive » de fermer la raffinerie de Dunkerque, selon le syndicat CFDT. Le groupe pétrolier parle d'une décision « d'ici à la fin du premier semestre ». Dans un communiqué diffusé lundi à la mi-journée, la direction dit vouloir « poursuivre les études en cours qui préparent l'avenir du site », tout en s'engageant à garantir un emploi à chacun des 370 salariés directs, quelle que soit la décision prise.
Le groupe a précisé qu'il envisageait la création sur le site d'un centre d'assistance technique et d'une école de formation pour le raffinage et qu'il garantirait « à chaque collaborateur un emploi chez Total correspondant à ses compétences ». Le groupe envisage en outre de participer au projet de terminal méthanier d'EDF à Dunkerque afin d'atténuer les effets sur l'emploi.
Une fermeture du site, où travaillent selon Total 620 personnes dont 260 équivalents temps plein employés par des sous-traitants, se serait traduite par environ 600 suppressions de postes.
Report après les régionales
Un sursis en guise de réponse au gouvernement : si elle avait annoncé une fermeture pure et simple du site de Dunkerque, la direction de Total aurait créé des remous à quelques semaines des élections régionales, alors que le gouvernement a fait de la diminution du
La tour Total envahie
Un millier de salariés de Total, selon les syndicats, 500 selon la police, ont envahi lundi la tour Total à La Défense (Hauts-de-Seine) avec petit orchestre et auto-collants aux couleurs des syndicats, pour dire « non » à la fermeture de la raffinerie de Dunkerque, dont le sort sera décidé d'ici l'été. Une délégation, constituée de représentants des syndicats et d'élus locaux, a été reçue par la direction de Total.Total, qui exploite 13 raffineries en Europe, dont six en France, publiera ses résultats annuels dans 10 jours, le 11 février : les analystes anticipent en moyenne un bénéfice net de huit milliards d'euros au titre de 2009.
La raffinerie des Flandres avait été arrêtée le 15 septembre du fait de marges de raffinage insuffisantes et de débouchés jugés trop faibles. Les travaux (de maintenance) de fin de cycle quinquennal devaient être réalisés en mars 2010, mais à quoi bon les concrétiser et redémarrer l’installation : la demande n’est pas au rendez-vous.
L’avenir n’est pas en Europe, mais en Asie et dans le Golfe
La demande de carburants chute inexorablement en Europe, de 1% à 2,5% par an. En Chine, c’est le contraire, la demande et la production font des bonds à deux chiffres. Selon les cabinet américain Pruvin & Gertz cité par les Echos, l'équivalent de 6 ou 7 raffineries européennes de taille moyenne doivent être fermées pour résorber les surcapacités de raffinage. Pour rationaliser les coûts sur le vieux continent, Total doit limiter ses installations, et disposer d'une taille critique comme en Italie où il s’allie à l’italien ERG.
Ses raffineries ont tout intérêt à être installées près du puits de pétrole, dans le Golfe, ou bien près de la zone de consommation, en Asie. En d'autres termes, construire une raffinerie en France important du pétrole du Moyen-Orient pour exporter des produits d'hydrocarbures en Chine ne rimerait à rien. Total et Aramco vont d’ailleurs investir 9,6 milliards de dollars dans la construction d’une raffinerie à Jubaïl, en Arabie Saoudite. D’une capacité de 400.000 barils par jour, elle devrait être opérationnelle fin 2013.
Le constat n’est pas nouveau. Sur un total annuel de 80 millions de tonnes consommés actuellement, la France consommera 8 millions de tonnes de produits pétroliers de moins qu'en 2000, à l'horizon de 2014. Total, qui possède six raffineries sur les 13 françaises (54% du raffinage en France) est donc des plus concerné.
Le scénario de Dunkerque semble être foncièrement le même que celui de mars 2009 : le groupe pétrolier s'était attiré les foudres de la classe politique après l'annonce de 555 suppressions de postes en France, dont 249 d'ici à 2013 dans le raffinage, après 13,9 milliards d'euros de profits en 2008. Les suppressions avait concerné en priorité la raffinerie de Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), mais aussi la plate-forme de Carling, celle de Notre-Dame-de-Gravenchon, Lacq et le siège à la Défense. Les «hommes et les femmes » ne sont pas licenciés, comme le précisait à l’époque le secrétaire général Jean-Jacques Guilbaud, mais le raffinage doit bel et bien réduire la voilure.
Raffineries en France

Source : Wikipédia
Lire aussi :
Tollé général pour Total

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